Violences faites aux femmes : un an après son ouverture, l’institut du Dr Foldes tente de sortir de l’immobilisme

Violences faites aux femmes : un an après son ouverture, l’institut du Dr Foldes tente de sortir de l’immobilisme

25.11.2014
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« La violence faite aux femmes est l’un des plus grands problèmes de nos sociétés. Pratiquement partout dans le monde, c’est un constat d’échec qui prédomine. Qu’on soit en Europe, Afrique, Asie ou Amérique, les sociétés répondent encore très mal à ce problème car elles sont toutes très androcentrées. Et les femmes sont dans un état de précarité et de fragilité extraordinaire », déclare le Dr Pierre Foldes, inventeur de la chirurgie réparatrice des mutilations sexuelles féminines et co-fondateur avec Frédérique Martz du premier Institut de santé génésique de France.

Situé au sein de l’hôpital de Saint-Germain en Laye, l’ISG est un centre d’accueil et d’orientation qui propose aux femmes victimes de tous types de violences, une réponse résolument globale grâce à un réseau pluridisciplinaire articulé autour d’un parcours de soins médical. « Après 9 mois de fonctionnement de l’institut, on a réussi à y rassembler tous les professionnels qui vont essayer d’apporter à ces femmes des solutions à la fois dans le domaine social, médical, psychologique et juridique. Cette expérience française est un projet pilote qui est en train de démontrer tout ce qui ne marche pas dans ce pays. On est train aujourd’hui de faire bouger les choses », déclare le Dr Foldes. À l’ISG, ce sont plus de 24 professionnels bénévoles et un cercle plus large d’autres partenaires qui ont permis la modélisation d’une réponse collective.

Une aide juridictionnelle en 48 heures

« Quand nous avons ouvert l’institut, nous avons constaté que les professionnels ne se parlent pas entre eux. Souvent, ils se retranchent derrière un secret professionnel qui n’engage pas au partage de la parole », indique Frédérique Martz.

« Nous avons choisi d’instaurer ici un secret partagé qui a tout à fait son sens car nous rayonnons autour d’une personne et ce n’est pas la personne qui tourne autour de nous », explique la directrice de l’ISG. Parce que l’accès à la justice notamment n’est pas facile pour ces femmes victimes de violences, l’ISG consolide de plus en plus de liens avec les institutions juridiques et policières. « Grâce au protocole mis en place avec le barreau, l’institut peut obtenir une aide juridictionnelle en 48 heures alors qu’il faut normalement quatre mois. En cas de demande urgente de protection d’une femme, on est en lien direct avec le parquet pour la mettre immédiatement en place. Autant de petites mécaniques qui nous sont aujourd’hui vraiment favorables et qui peuvent vraiment avancer les choses », explique Frédérique Martz.

À l’heure d’un premier bilan, le Dr Foldes parle de l’ISG comme d’une « réussite ponctuelle ». L’essentiel pour lui étant d’arriver à transformer l’essai à plus large échelle : « quand on est dans de l’opérationnel de terrain, il y a des solutions, ce n’est pas qu’une question d’argent mais de mobilisation pour faire changer les états d’esprit et bouger les lignes », estime-t-il. « Il y a des choses immobiles dans ce pays et les femmes sont victimes de cette immobilité. À nous de faire bouger les lignes, avec de vrais arguments notamment scientifiques pour démontrer que ce que nous faisons ne relève pas du hasard », conclut le Dr Foldes.

Un référent aux urgences des hôpitaux

Le gouvernement a annoncé mardi à Paris la mise en place dans les services hospitaliers d’urgence d’un référent en matière de violences sexuelles, afin de renforcer la collaboration entre santé et justice en cas de viol. Cette mesure sera appliquée à titre expérimental dans 2 régions, l’Alsace et l’Aquitaine, a indiqué Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. La présence d’un tel référent au sein des hôpitaux permettra que les examens réalisés sur la victime à son arrivée aux urgences servent en cas de procédure pénale, « de façon à ce que les preuves de l’acte violent ne soient pas perdues ».

L’objectif est que « la situation d’une femme puisse ne pas différer en fonction du lieu où elle va se rendre en premier après une violence, à savoir le commissariat ou l’hôpital », a expliqué Marisol Touraine lors de la signature d’une convention avec la police visant à faciliter le dépôt de plainte et l’ouverture d’une enquête dans les cas de violences conjugales, à l’occasion de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Samuel Spadone
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 5 Commentaires
 
30.11.2014 à 18h35

« Profession : Médecin

" Inscrite en DU de psycho-traumatologie, à Paris-Descartes, j'observe que les violences verbales et psychologiques sont impossibles à prouver et que pour la victime d'un conjo Lire la suite

Répondre
 
26.11.2014 à 08h04

« Toute forme de violence est intolerable qu'elle soit dirigée à l'encontre des femmes ou des hommes.

Cependant les mentalités semblent évoluer, des structures commencent à se mettre en place, Lire la suite

Répondre
 
25.11.2014 à 23h18

« Moi j'écrirai "violences faites aux hommes" AUCUNES OUVERTURES
C'est plus que de l'immobilisme c'est de "l’indifférence" !
N'oubliez pas ceux qui tapent ont été tapés soit par des femmes ou des homm Lire la suite

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26.11.2014 à 11h05

« Certes, mais les femmes sont quand même les victimes les plus fréquentes. »

Répondre
 
25.11.2014 à 21h07

« Et si on s'intéressait aux 23% de femmes poussées à l'IVG par les pressions voire les violences de leur conjoint ? "Une autre étude a souligné que 23% des demandes d'interruption volontaire de gross Lire la suite

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