Des états généraux pour sortir l’arthrose de ses clichés

Des états généraux pour sortir l’arthrose de ses clichés

07.11.2014
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Plus de 10 millions de Français touchés, première cause d’incapacités fonctionnelles chez les plus de 40 ans, une maladie à l’origine de millions d’arrêts de travail... l’arthrose reste un enjeu de santé publique encore largement mésestimé.

Non, l’arthrose n’est pas la « maladie du vieux », pour laquelle il n’y a rien d’autre à faire que de souffrir en silence. C’est en substance le message que 14 structures directement impliquées dans la prise en charge de cette pathologie souhaitent faire passer, à l’occasion des « Premiers états généraux de l’arthrose ». Un message que l’Association française de lutte antirhumatismale (AFLAR) rappellera lors d’un colloque organisé aujourd’hui à Paris.

Un livre blanc en juin 2015

Discrètement lancés le 18 septembre dernier à Dax, ces états généraux vont se dérouler en 9 étapes et autant de débats à Paris et en régions jusqu’en juin 2015.

Un colloque national de « restitution des travaux » est prévu le 14 octobre 2015 dans la capitale avant la publication d’un livre blanc. « L’arthrose, c’est véritablement une maladie orpheline », souligne le Dr Laurent Grange, président de l’AFLAR, à l’origine de l’Alliance nationale de l’arthrose qui rassemble aujourd’hui tous les acteurs œuvrant pour une meilleure reconnaissance et prise en charge de cette pathologie. Avant de lancer ces états généraux, « l’alliance » a préalablement mené une enquête nationale pour recueillir le vécu des malades.

90 % des patients traités ont toujours mal

Sans surprise, les répercussions de l’arthrose dans le quotidien sont essentiellement liées à la douleur : 9 personnes sur 10 s’en plaignent. La peur du handicap et la dégradation de l’image de soi sont décrites chez la moitié de 3 000 malades sondés.

Pour se soigner, la kinésithérapie est évoquée dans deux tiers des réponses, devant l’activité physique (56 %), la chirurgie (33 %) ou les cures thermales (19 %). C’est surtout un constat d’échec thérapeutique qui prévaut puisqu’au final, 90 % ont toujours mal.

« Effectivement, dans l’arthrose, on n’a clairement aucun traitement à efficacité forte, mais plutôt une association de diverses approches : des traitements médicamenteux ou non médicamenteux, une prise en charge globale vont permettre d’améliorer la qualité de vie des patients », a résumé le président de l’AFLAR.

Pour le Dr Laurent Grange, ces états généraux aideront d’abord à dresser une photographie fidèle de la situation autour des cinq grandes thématiques retenues : prévention, parcours de soins hors chirurgie, chirurgies et prothèses, vie quotidienne et douleur.

« Le but de cette démarche, c’est, qu’au final, la vie des patients soit améliorée et que tous les professionnels soient sensibilisés. C’est vrai que l’arthrose, on va la traiter après des problèmes cardiaques ou pulmonaires, mais pourtant, les patients sont là et ils souffrent », explique le Dr Grange. « Il faut surtout que les patients aient conscience de l’importance d’aller consulter et de ne pas rester seuls avec leurs maux », poursuit-il.

Vers une grande cause nationale ?

Les membres de l’Alliance nationale contre l’arthrose n’entendent pas s’arrêter à la rédaction d’un livre blanc. Pour élargir leur audience, ils militent pour que cette pathologie obtienne le label gouvernemental de « grande cause nationale ».

Enfin, l’AFLAR n’entend rien lâcher dans sa bataille contre le déremboursement annoncé des traitements anti-arthrosiques d’action lente et de la visco-supplémentation par acide hyaluronique. « Ces déremboursements engendreront peu ou pas d’économies. Nous demandons une commission d’étude d’impact avant ce déremboursement, ce que Marisol Touraine nous refuse malheureusement », déplore le Dr Grange.

Samuel Spadone
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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