Les bactériémies nosocomiales n’épargnent aucun service

Les bactériémies nosocomiales n’épargnent aucun service

28.10.2014
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En 2005, la surveillance nationale des bactériémies nosocomiales (BN) a été restreinte uniquement au service de réanimation, or initialement, cette surveillance établit dans le cadre du réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (réseau BN-Raisin), incluait toutes les spécialités. Dans ce contexte, une étude a été lancée par l’Enquête nationale de prévalence (ENP) en 2012. Elle avait pour objectif de comparer la prévalence des bactériémies en réanimation et hors réanimation, de décrire les patients bactériémiques et d’étudier les facteurs associés aux bactériémies acquises dans les établissements de santé. Les résultats ont été publiés aujourd’hui dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (BEH).

Plus de 215 000 patients inclus dans l’enquête

Pour cela, l’ENP a mobilisé 1 938 établissements de santé publics et privés en France, représentant 216 387 patients lors de l’enquête. L’analyse des données concernait l’origine des BN et leur répartition selon leur type de séjour : réanimation (polyvalente, médicale, chirurgicale, spécialisé ou autre), court séjour hors réanimation (chirurgie, gynéco-obstétrique, médecine, prise en charge spécialisé des brûlés) et les soins de suite et de réadaptation (SSR). D’autres variables ont été analysées, notamment, les comorbidités (Score de Mac Gabe, immunodépression, cancer évolutif, intervention chirurgicale), la durée d’hospitalisation et l’exposition à un ou plusieurs dispositifs invasifs (intubation, cathéter, sonde urinaire).

Une prévalence des BN de 0,5 % en France

Parmi les 216 387 patients, 2,4 % étaient hospitalisés en réanimation, 65,9 % en court séjour et 31,7 % en SSR. La prévalence des BN était de 0,5 %, soit 1 132 patients. Elle était précisément de 3,2 % en réanimation, 0,6 % en court séjour et 0,2 % en SSR. Toutefois, l’étude souligne que la grande majorité de BN survient en dehors des services de réanimation. En effet, sur les 1 132 BN recensés, 74,8 % ont été acquises en court séjour contre 14,9 % en réanimation. Les patients ayant acquis une BN étaient atteints de manière plus sévère en cours séjour qu’en réanimation. Ils avaient un score de Mac Cabe (de 0 à 2 ; 1 pour une maladie fatale dans les 5 ans et 2 pour une maladie rapidement fatale dans l’année) plus élevé, étaient plus souvent immunodéprimés et étaient plus nombreux à être atteint d’un cancer évolutif.

Les cathéters responsables de la majorité des BN

Les résultats indiquent que l’utilisation de cathéter est responsable de 42 % des BN en réanimation, 44,7 % en court séjour et 19 % en SSR. Les cathéters centraux sont par ailleurs, plus souvent en cause que les périphériques. Les BN qui n’impliquent pas de cathéters sont majoritairement d’origine urinaire en court séjour (14 %) et en SSR (37,1 %) et d’origine pulmonaire (8,9 %) ou digestive (8,3 %) en réanimation. « Une part importante des BN est d’origine indéterminée (23,7% en réanimation et 16 % en court séjour et SSR) », soulignent les chercheurs dans leur étude. Les résultats montrent également que Staphylococcus aureus est fréquemment retrouvé au sein des BN, à hauteur de 18,7 % suivi d’Escherichia coli à 16,1 %. Il est important de noter qu’en réanimation, ces souches sont souvent résistantes aux traitements antibiotiques.

Élargir la surveillance

Au vu des résultats de cette enquête, la survenue d’une BN n’est donc pas limitée à la réanimation mais concerne aussi les patients avec cathéter hors de ce service. L’extension de la surveillance au reste des services de court séjour permettrait de recenser la majorité des BN. La surveillance pourrait être restreinte aux patients les plus à risque : porteurs d’un cathéter périphérique ou central en court séjour comme en réanimation et hospitalisés depuis plus d’une semaine. Une autre alternative serait de limiter la surveillance à certains types d’agents pathogènes et de rattacher ces types d’agents à des procédures invasives (S. aureus pour les infections sur cathéter et E. coli pour les infections associées à la sonde urinaire). Enfin, les auteurs de l’étude précisent qu’« une enquête de prévalence ne permet pas de connaître la gravité des bactériémies et le devenir de ces patients et donc de comparer les évolutions en fonction des types de séjour. Cela souligne de nouveau l’intérêt d’enquêtes prospectives dédiées, dont la surveillance serait prolongée au-delà de la survenue de l’infection ».

Sophie Martos
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
30.10.2014 à 00h09

« "Comme disait un confrère"
brûlez moi "ces hôpitaux tous les 10ans !
Il faudra qu'a l'avenir un architecte pense à faire un hôpital en carton !
Nouvelle norme, tiens ! »

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