Les associations s’alarment d’une possible fermeture du centre 190

Les associations s’alarment d’une possible fermeture du centre 190

26.09.2014
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Le centre de santé sexuelle « le 190 » menacé de fermeture ? Cette structure située dans le 20e arrondissement de Paris est un centre unique de prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles qui s’adresse en partie à la communauté lesbienne, gay, bi et trans. « Nous sommes menacés pour des raisons financières car nous avons des subventions insuffisantes et nous devons déménager », justifie Franck Desbordes, président de l’association « Le 190 ». Le centre, qui a ouvert ses portes en 2010 est en crise de croissance : il enregistre une hausse importante et régulière des consultations médicales. « Il y a trois ans nous accueillions 500 personnes. Aujourd’hui, nous sommes passés à 2 000 », poursuit le président.

« Un vrai succès avec des vrais résultats »

Pour faire face à cet afflux, 17 salariés, dont 14 médecins généralistes et spécialisés (sexologue, addictologue, infectiologue, psychologue, dermatologue...) , travaillent à temps partiel dans ce centre.

L’équipe médicale assure le suivi ambulatoire de l’infection du VIH hors hôpital et le dépistage exhaustif appuyé par la recherche bactériologique. « La prise en charge à l’hôpital n’est plus adaptée », explique le Dr Michel Ohayon, directeur médical de l’association. Les patients désirent des réponses et un personnel compétent capable de les guider. Les médecins ont effectué entre 6 000 et 7 000 consultations cette année et plus de 500 personnes sont suivies. « C’est plus que le CHU de Brest ! », précise-t-il. Malheureusement, le centre n’est plus en mesure d’accueillir les patients sans rendez-vous. Les délais d’attente peuvent atteindre huit à dix jours et l’incertitude financière ne permet pas d’embaucher de nouveaux médecins. Enfin, l’équipe médicale constate que seulement 0,6 % de personnes ont été contaminées en 3 ans par le VIH. « Une donnée tirée de l’observation non confirmée par une étude car nous n’avons pas les moyens de la faire », tient à préciser le Dr Ohayon. Cette « faible » incidence est encourageante. « C’est la raison pour laquelle on ne veut pas fermer le centre, poursuit le médecin. Le pari à l’ouverture était de réduire l’incidence du VIH dans les populations à risques. » Même si le chiffre doit être affiné par le biais d’une enquête, le centre est « un vrai succès avec des vrais résultats », selon le directeur médical.

Un avenir pour le 190

La mairie de Paris subventionne à hauteur de 23 000 euros par an le 190 et l’agence régionale de santé (ARS Ile-de-France) participe à 168 000 euros. « Le modèle du centre de santé sexuelle est unique. Il n’est pas question de l’arrêt de ses activités », précise Bernard Jomier, adjoint écologiste à la mairie de Paris en charge de la santé. La subvention octroyée au centre restera la même pour les trois prochaines années dans un contexte où les financements accordés par la mairie de Paris sont diminués de 10 %. Bien que le 190 manque de financeurs et montre un déséquilibre financier de 258 000 euros. « Le déficit peut être surmonté et le 190 a un avenir », indique Bernard Jomier. Quant au déménagement, le propriétaire a vendu les locaux où le 190 est hébergé. Le nouvel acquéreur a été contacté afin qu’il accepte de prolonger de trois à six mois le bail, dont l’échéance est fixée le 31 décembre 2014. Le centre se verra proposer un nouveau local à Paris. « La mairie de Paris ne laissera pas tomber le 190 », confie Franck Desbordes. En revanche, la question des coûts supplémentaires reste présente. « Le coût de la mise aux normes pour les personnes à mobilité réduite, explique-t-il, peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. » Une assemblée générale se tiendra le lundi 29 septembre afin de discuter de la continuité des activités du centre. En attendant, d’autres mairies, notamment, celle de Lille et Nice sont intéressées pour créer une structure de santé sexuelle.

Sophie Martos
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
27.09.2014 à 01h04

« Il faut "délocaliser" et aller vers le rural, de toute façon tout sera remplacé par des machines ! »

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