Néonatologie : des parents demandent l’arrêt des soins thérapeutiques pour leur enfant, contre l’avis des médecins

Néonatologie : des parents demandent l’arrêt des soins thérapeutiques pour leur enfant, contre l’avis des médecins

17.09.2014
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Les parents d’un nouveau-né grand prématuré ont fait connaître dans la presse leur souhait d’arrêter les soins thérapeutiques qu’il reçoit au CHU de Poitiers. L’équipe médicale a procédé à une réanimation d’attente et nie toute obstination déraisonnable.

Titouan est né à Saintes le 31 août, à 25 semaines et 4 jours de grossesse, bien avant le terme fixé au 18 décembre. Il pesait 895 grammes. Selon le témoignage des parents dans « la Nouvelle République », il a subi une hémorragie cérébrale de grade IV dans un lobe, et de grade II dans l’autre hémisphère.

Transféré au CHU de Poitiers, le nouveau-né est maintenu en réanimation, sous ventilation.

Les parents dénoncent un « acharnement thérapeutique ». « À Saintes, les médecins ont choisi de le réanimer sans nous demander notre consentement. Aujourd’hui, notre bébé est maintenu en vie par un respirateur, des apports nutritifs et sanguins. Depuis vendredi, on sait que les séquelles sont irréversibles, qu’elles engendreront un handicap moyen à lourd pour lui mais les médecins ne savent pas de quel type de handicap il souffrira », explique la jeune mère dans le quotidien régional. « Qui veut une vie de handicap pour son fils ? S’il y a des familles qui le souhaitent, nous, nous ne le souhaitons pas », a déclaré à l’AFP le couple.

Réanimation d’attente

Le CHU de Poitiers ne veut plus s’exprimer ce mercredi 17 septembre. Mais le chef du service de pôle Femme-mère-enfant le Pr Fabrice Pierre a expliqué sur France Bleu la démarche de l’équipe médicale : « Nous ne sommes pas dans une réanimation intensive, pas dans un acharnement, mais dans un accompagnement, le temps de l’évaluation, pour être certains d’apporter les meilleures informations possibles. » Cette réanimation d’attente a déjà fait l’objet d’une décision collégiale de la part de l’équipe.

« Il faut être sûr qu’un enfant est séquellaire et pouvoir appréhender le type de séquelles, donc pouvoir informer les parents et qu’ils prennent leur décision en ayant le meilleur éclairage », a-t-il poursuivi.

L’évaluation peut nécessiter quelques semaines. L’équipe de Poitiers a sollicité l’éclairage d’un groupe de réanimateurs de l’hôpital Antoine-Beclère de Clamart (Hauts-de-Seine). Une troisième réunion, à coloration éthique, devrait impliquer d’autres professionnels et non-professionnels de santé.

Lire l’éclairage du Pr Alexandre Lapillonne, qui exerce dans le service de néonatologie de l’hôpital universitaire Necker-Enfants Malades.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 25 Commentaires
 
25.09.2014 à 04h25

« Et pourquoi l'avis des parents ne serait-il pas largement prioritaire par rapport à l'avis des médecins? On dirait que ce sont les médecins qui décident, après avoir bien voulu consulter les parents Lire la suite

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18.09.2014 à 14h20

« Et qu'auraient fait les parents si l'enfant n'avait pas été réanimé?!... Ils auraient porté plaint contre l'équipe médicale!!! CQFD. »

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19.09.2014 à 00h45

« +1 »

Répondre
 
18.09.2014 à 13h47

« Comment voulez-vous que les gens comprennent : on peut faire une ITG à 20 semaines pour un membre manquant et la refuser pour un enfant né 4 semaines plus tard qui risque d'être lourdement handicap Lire la suite

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25.09.2014 à 04h29

« Ce qui serait moche et eugéniste, et même criminel, cher confrère ou consoeur, ce serait de mettre à mort quelqu'un qui aurait perdu un membre dans un accident ; mais supprimer une vie à venir et qu Lire la suite

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19.09.2014 à 16h35

« On peut faire une ITG à 20 semaines pour un membre manquant, maintenant ? Première nouvelle. Si c'est vrai, c'est moche. C'est eugéniste. »

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18.09.2014 à 13h28

« Les médecins s'occupent de ce gosse à titre professionnel, mais qui va le gérer au quotidien.
Sur un plan purement biologique, ce foetus ( peut-on parler de bébé ?) n'est pas viable à moins d'un kg Lire la suite

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25.09.2014 à 04h31

« "Laissez décider les médecins qui connaissent le dossier, en lien avec les parents": mais vous vous rendez compte de ce que vous écrivez ? Du mépris que vous affichez pour les parents ? »

Répondre
 
19.09.2014 à 16h40

« Ben, si il est viable à moins d'1 kg. Pour le reste, laissez décider les médecins qui connaissent le dossier, en lien avec les parents.
Quant à "arrêter la technique qui dessert les médecins" : ???? Lire la suite

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18.09.2014 à 12h00

« L'arrêt des soins actuellement pourrait aboutir rapidement au décès. L'attente pour "évaluer" les séquelles et le handicap hypothétique, pourrait aboutir à une "autonomie" cardiorespiratoire avec un Lire la suite

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25.09.2014 à 04h33

« C'est parfaitement dit et exprimé. »

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