La France, premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormonodépendants

La France, premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormonodépendants

19.06.2014
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« La France est aujourd’hui, selon les données du Centre International de Recherche contre le Cancer, le premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants (sein et prostate) et des cancers masculins », souligne le Réseau Environnement Santé qui déplore l’absence de prise en compte du phénomène. « Le plan Cancer n’en parle pas et les perturbateurs endocriniens, principale hypothèse explicative, ne sont mentionnés que marginalement », poursuit l’association.

L’incidence des maladies chroniques augmente davantage que ce que ne voudrait le seul accroissement démographique. L’incidence des cancers hormonodépendants, sein et prostate, ne peut s’envisager sans prendre en considération les perturbateurs endocriniens, principale hypothèse explicative.

Impact sur la santé

Aujourd’hui, deux décès sur trois dans le monde sont le fait des maladies chroniques, en particulier les maladies cardio-vasculaires et respiratoires, les cancers et le diabète. En France, ces maladies progressent 4 à 5 fois plus vite que le changement démographique.

L’expression « perturbateur endocrinien » fait partie du langage commun, scientifique ou non. Cette expression fait référence aux substances chimiques susceptibles de générer des effets nocifs sur la santé du fait de leurs propriétés hormonales. Les perturbateurs endocriniens environnementaux sont ainsi des polluants chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Leur caractéristique principale est un effet agoniste avec les estrogènes. Ils peuvent également avoir un effet anti-androgénique et sont par ailleurs capables de modifier l’expression des gènes.

Cette catégorie est très diversifiée, et comporte par exemple des molécules pharmaceutiques, des pesticides et des plastifiants comme le bisphénol A (utilisé dans la polymérisation de matières plastiques), des détergents, les polychlorobiphényles (ou « pyralènes »), les dioxines, les produits d’incinération, les hydrocarbures aromatiques et les phytoestrogènes.

Leur impact sur la santé comporte trois particularités remarquables. Il commence dès le stade du développement fœtal, période pendant laquelle la pollution entraîne des pathologies à l’âge adulte. De plus, l’environnement module l’expression des gènes au cours de la vie fœtale, comme l’exemple du distilbène l’a montré. Enfin, leurs effets se transmettent sur plusieurs générations.

Conférence environnementale

Les 2 et 3 octobre prochains aura lieu la 3e conférence environnementale. Le Gouvernement a annoncé la réintégration de la santé environnementale dans son programme de la conférence. Par rapport à la conférence de septembre 2013 qui a réuni treize ministres et 500 participants autour de 5 thèmes : l’économie circulaire, les emplois et la transition écologique, la politique de l’eau, la biodiversité marine, la mer et les océans et l’éducation à l’environnement et au développement durable, cette édition officialise le fait que la question santé fait bien partie de la transition écologique.

L’association demande que les acteurs de la santé environnementale soient réintroduits dans le Conseil National de la Transition Écologique, et que le thème central de la conférence 2014 soit « Santé environnementale et crise sanitaire ».

Un coût estimé à 4 milliards

Le coût sanitaire de l’exposition aux perturbateurs endocriniens pourrait atteindre jusqu’à 31 milliards d’euros dans l’Union européenne, selon une étude de l’Alliance Environnement Santé (Heal ) rendue publique mercredi.

Pour leurs calculs, les experts ont identifié une liste de maladies et troubles liés aux perturbateurs endocriniens (
PE ) : troubles de la reproduction et de la fertilité, malformations de l’appareil reproducteur masculin, cancers du sein, de la prostate et des testicules, troubles du développement de l’enfant (autisme et déficit de l’attention avec hyperactivité ), obésité et diabète.

Selon eux, la contribution de l’exposition à des PE dans la survenue de ces maladies serait comprise entre 2 à 5 %. Le rapport de HEAL estime pour la France le coût des pathologies hormono-dépendantes , indépendamment des facteurs de risque associés, à près de 82 milliards par an soit près de 4 milliards pour les 5 % qui seraient directement liées à une exposition aux perturbateurs endocriniens.
Dr Gérard Bozet
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
20.06.2014 à 07h40

« Et bien voila un axe de prévention important. Pour le cancer du sein , en tout cas , ce serait plus utile que de multiplier les mammographies , faire courir ces pauvres femmes en octobre avec un ri Lire la suite

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