AP-HP : Anne Hidalgo élue présidente du conseil de surveillance

AP-HP : Anne Hidalgo élue présidente du conseil de surveillance

19.06.2014
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La maire de Paris a été élue à la tête du conseil de surveillance de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à l’unanimité. C’était l’unique candidate déclarée. Elle succède à Jean-Marie Le Guen, entré au gouvernement début avril.

Bertrand Delanoë, l’ancien maire socialiste, s’était toujours tenu à l’écart des dossiers hospitaliers. Par précaution, peut-être plus que par manque d’intérêt : à Paris, les hôpitaux ont tôt fait de s’embraser. L’élection d’Anne Hidalgo signe une forme de reprise en main politique. Comment la mairie de Paris compte-t-elle s’investir sur les dossiers en attente, à commencer par celui, emblématique, de l’Hôtel-Dieu ?

Le plus vieil hôpital de la capitale attend toujours d’être fixé sur son sort. Interpellée par les syndicats pendant la campagne des municipales, Hidalgo s’était gardée de prendre une position tranchée. Élue au conseil de surveillance, il lui faut maintenant accorder ses violons avec le DG, Martin Hirsch. Lequel vient d’écrire à la CGT, pour annoncer le retour des pompiers à l’Hôtel-Dieu, ainsi que la mise en place d’un d’un service d’accueil des urgences bi-site Cochin - Hôtel-Dieu.

Investir aux urgences, une promesse électorale d’Hidalgo

« Si je suis élue maire de Paris, déclarait la candidate au « Quotidien » en novembre 2013, j’investirai massivement dans les services d’urgences. Pour les soulager, je proposerai que la Ville prenne à sa charge des locaux afin que des médecins libéraux exercent en secteur 1 ». La dernière communication de Martin Hirsch porte justement sur les urgences : le DG souhaite diviser le temps d’attente par deux dans les hôpitaux parisiens.

Les syndicats de personnel, eux, s’impatientent. La CGT-USAP a organisé une manifestation devant le siège de l’AP-HP, durant la réunion du conseil de surveillance et l’élection d’Hidalgo. Un syndicaliste, banderole sur l’épaule, parle d’un ras-le-bol général dans les services hospitaliers : « Qu’on arrête d’extrapoler sur des pseudo-plans qui ne sont que des écrans de fumée. Il n’y a aucun chiffre dans le plan stratégique. Le projet du nouveau bâtiment à Lariboisière est en "stand-by". On ne sait pas où on va construire l’hôpital Nord [censé regrouper Beaujon et Bichat], ni avec quels moyens. Tout est flou. Ça suffit les paroles, passons aux actes! ».

À Necker, la course permanente après les couches et les médicaments

Marylise (prénom d’emprunt) est aide-soignante à Necker. De repos ce jeudi, elle est venue battre le pavé avenue Victoria, juste en face de la mairie de Paris, pour soutenir « les collègues qui travaillent à flux tendu ». Les économies, elle estime qu’il n’est plus possible d’en faire.

« On est en sous-effectif tout le temps, dit-elle. Dans mon service, le soir, on devrait être cinq infirmiers et aides-soignants à surveiller une vingtaine d’enfants dont certains sont trachéotomisés, nous ne sommes que trois. Nous courons sans cesse après les couches, les médicaments, les pousse seringues. En pleine nuit, on déplace les enfants d’une chambre à l’autre car il faut absolument faire des entrées. On utilise le même capteur pour l’appareil à saturation ; avant, il y avait un capteur par enfant. Même si on désinfecte le capteur, on majore le risque d’infection nosocomiale. On se rend compte que la qualité du travail n’est plus la même. Les parents nous le disent ».

Les comptes épargne temps explosent

Serge, syndicaliste CGT à la Pitié-Salpêtrière, a fait un calcul : « Dans mon hôpital, on est 3 200 infirmiers et aides-soignants. Il en faudrait 1 000 de plus pour prendre en charge les malades correctement ». Les équipes s’effritent, année après année, au gré des restructurations.

« Certains soins sont reportés la nuit, il arrive qu’un scanner soit fait à minuit, illustre Serge. Dans les couloirs, des patients attendent car les chambres n’ont pas été nettoyées à temps. La majorité des salariés débordent sur leurs heures de travail. Les comptes épargne temps explosent. Il est temps que le problème d’effectif majeur soit pris en compte ».

Delphine Chardon
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 3 Commentaires
 
19.06.2014 à 21h53

« Le salaire de maire de Paris ne suffit donc pas à Hidalgo ? »

Répondre
 
20.06.2014 à 11h40

« Mais elle cumule sa retraite d'ancien inspectrice du travail qu'elle a prise à 50 ans par décret ministériel. De mauvaises langues soulignent que l'on ne retrouve aucune trace de travail à son poste Lire la suite

Répondre
 
19.06.2014 à 21h00

« Ou:
Comment utiliser au mieux les compétences !!! »

Répondre

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