VIH : pour toucher les invisibles, les associations vont à leur rencontre

VIH : pour toucher les invisibles, les associations vont à leur rencontre

18.06.2014
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De mercredi à dimanche dernier, l’association HF Prévention s’est rendue dans un grand centre commercial des Yvelines, proche d’une université, où un faisceau d’indices pointait l’existence de consommation sexuelle. De 8 à 22 heures, avec l’accord du directeur, une vingtaine de bénévoles se sont postés à proximité des toilettes et du parking et ont proposé, officiellement, un dépistage généralisé du VIH-sida.

Officieusement, l’association, forte d’une expérience d’une dizaine d’années, profilait les passants. Sur 750 tests rapides d’orientation au dépistage (TROD), 13 se sont révélés positifs et ont été immédiatement orientés vers un service de maladies infectieuses. « Une catastrophe ! Nos taux de découverte de nouveaux séropositifs en milieux ouverts (supermarchés, universités, parkings, cœurs de cité) étaient de 1,25 % en 2013, ils semblent augmenter en 2014 », s’alarme Jérôme André, président de HF Prévention.

Hétérosexuels ayant des relations avec d’autres hommes

L’association alerte aujourd’hui sur la nécessité d’aller à l’encontre du public des invisibles qui ignorent leur statut sérologique et ne se sentent pas concernés par le dépistage. Qui sont-ils ? Des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) qui, dans 80 % des cas, se considèrent comme hétérosexuels et sont souvent mariés et pères de famille. À rebours d’une tendance générale à la baisse, le nombre de contaminations augmente dans ce groupe (+ 14 % entre 2011 et 2012). Selon Sandrine Fournier, responsable de la prévention gay à Sidaction, 42 % d’entre eux étaient contaminés en 2012.

Les invisibles sont aussi des femmes, des étudiants, qui se prostituent, de façon assumée ou non, par contrainte financière ou en échange de services, mais aussi des transsexuels, des échangistes, et des hétérosexuels multi-partenaires.

Ils se rencontrent dans des structures spécialisées (sex-shops, saunas, clubs, discothèques, bars), mais surtout dans des lieux de rencontres extérieurs (LRE : parkings, parcs, forêts, aires d’autoroute) ou dans des milieux ouverts. En 2013, sur 2 469 TROD réalisés par HF Prévention, le taux de découverte de nouveaux séropositifs est de 2,3 %, soit 56 cas, dont 18 % en zone de prostitution, 5,15 % dans les LRE, et 1,25 % en milieu ouvert.

De l’importance du dépistage

Selon le Pr Jean-Daniel Lelièvre, clinicien chercheur au CHU Henri-Mondor, seulement 52 % de l’ensemble des personnes infectées par le VIH-sida ont une charge indétectable en 2010, un taux qui devrait progresser avec les progrès des trithérapies dès lors que les personnes sont prises en charge. « Le problème reste le dépistage des ignorants et le fossé à réduire entre les patients diagnostiqués et ceux qui arrivent en soins », explique le Pr Lelièvre.

À l’égard de la galaxie des insaisissables, insensibles aux actions d’information ou de sensibilisation de l’État, les associations ont un rôle crucial, car de proximité. « Les gays ne vivent pas tous dans les milieux gays, les personnes d’Afrique sub-saharienne ne sont pas tous en foyer », souligne Jérôme André.

Grâce à son réseau national et ses liens avec les sites Internet de rencontre, HF Prévention parvient à avoir des informations sur les lieux parfois improbables de consommation sexuelle. Ils sont parvenus à établir une cartographie nationale distinguant par département les LRE (toujours très majoritaires), les milieux ouverts et les structures spécialisés. En Ile-de-France, on compte par exemple 619 LRE, 269 lieux ouverts et 88 structures spécialisées. « Il est important pour nous d’avoir un maillage très fin, car les gens bougent parfois sous la pression des forces de l’ordre », explique Jérôme André.

Si HF Prévention s’est spécialisée dans les interventions délicates, d’autres associations œuvrent dans les structures spécialisées. Pour cibler les personnes d’Afrique sub-saharienne, Afrique Avenir se rend dans les discothèques, salons de coiffure, lieux de culte, ou foyers.

« Il faut plusieurs intervenants de toute sorte pour toucher les différentes communautés », résume Xavier Rey-Coquais, directeur d’Actif Santé, une association de personnes vivant avec le VIH.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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