Ruptures de stock de médicament : des causes multiples dont la baisse des prix

Ruptures de stock de médicament : des causes multiples dont la baisse des prix

20.05.2014
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Dans les pharmacies, 95 % des médicaments sont disponibles le jour même en France. Pourtant, les ruptures de stocks (en amont, chez le fabricant) et d’approvisionnement (en aval) s’aggravent depuis 3 ans et 55 % des Français disent y avoir été confrontés, selon un sondage IPSOS de février 2014, réalisé dans le cadre de l’Observatoire sociétal du médicament.

Entre septembre 2012 et octobre 2013, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 324 ruptures de stock et 103 risques de rupture. Sur cette période, Les entreprises du médicament (LEEM) ont mené leur enquête auprès de 90 laboratoires pharmaceutiques à l’origine d’au moins un signalement auprès de l’ANSM. La moitié a répondu, représentant 71 % des cas de ruptures.

Celles-ci durent en moyenne 94 jours mais peuvent atteindre 398 jours. Près de 30 % des médicaments concernés sont indispensables. Toutes les classes thérapeutiques sont touchées : traitements hormonaux (33 %), anti-infectieux, anticancéreux, système nerveux central (16 % chacun), système cardiovasculaire...

Matière première en Asie

L’enquête révèle que 33 % des ruptures sont dues à des problèmes dans la production, 28 % à une augmentation des ventes insuffisamment anticipée, et 16 % à l’approvisionnement en matière première ou en excipient, délocalisé en Asie, en particulier en Chine et en Inde. « Avec la mondialisation, les flux sont plus longs et plus complexes. On n’a pas prise sur la chimie : c’est un marché en recomposition et en cas de mono-sourcing, nous n’avons pas le choix », explique Christophe Ettviller, président du groupe Distribution du LEEM.

Parmi les autres facteurs, on trouve l’arrêt de la commercialisation d’un produit, une rupture de stock chez un concurrent, des changements de site de fabrication, des problèmes dans la disponibilité des articles de conditionnement ou dans la gestion interne des stocks. « La lenteur de la fabrication du médicament, de quelques semaines à plus d’un an, explique aussi la difficulté à répondre à des augmentations de 25 à 30 % de la demande », poursuit Christophe Ettviller.

« Les restrictions budgétaires fragilisent également la filière. Quand les prix sont bas et que le seuil de rentabilité n’est plus atteint, la production s’arrête », explique le directeur général du LEEM, Philippe Lamoureux.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 16 Commentaires
 
21.05.2014 à 14h07

« Pour rentrer dans une logique sécuritaire, il fait bon se rendre compte de la dépendance crée avec des pays dont la gouvernance est tyrannique sans démocratie ou avec des apparences de démocratie. C Lire la suite

Répondre
 
21.05.2014 à 10h28

« Dans quelque domaine que ce soit, la qualité a un prix. Pourquoi faudrait-il que la santé soit celui où l'on cherche systématiquement l'économie, quel que soit le moyen par lequel on l'atteint ? Tou Lire la suite

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21.05.2014 à 08h16

« Un autre problème : la multiplication des génériques fait perdre beaucoup d'argent aux vrais laboratoires , de plus , plus ils sont "célèbres et prescrits" plus les "génériqueurs" se précipitent des Lire la suite

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26.05.2014 à 12h55

« Réponse à "Pharmacie" qui écrit le 21 mai à 22h31 en parlant de "calomniez" :
Un "Vrai laboratoire", je ne saurais en donner la définition.
Par contre, je pense qu'on peut classer les labos en 2 cat Lire la suite

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21.05.2014 à 22h31

« Je vous cite : "fait perdre de l'argent aux VRAIS laboratoires". Vous voulez sans doute parler de ceux qui font de VRAIS médicaments. Et sinon les contrefaçons sont fabriqués par les FAUX laboratoir Lire la suite

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21.05.2014 à 07h30

« La logique industrielle n'aurait pas dû pas être négligée par nos politiques qui en décidant notamment des baisses de prix et des contraintes environnementales toujours plus exigeantes ont encouragé Lire la suite

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21.05.2014 à 00h29

« Et aucun % pour les contingentements orchestrés par les labos en raison des prix disparates à travers l'Europe source d'exportations parallèles dans tous les Etats et dans tous les sens. Alors assez Lire la suite

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