Une matrice extracellulaire de vessie de porcs pour combler la perte musculaire chez des soldats gravement blessés

Une matrice extracellulaire de vessie de porcs pour combler la perte musculaire chez des soldats gravement blessés

02.05.2014

Des chercheurs américains ont réussi une première médicale en faisant repousser du muscle lésé chez cinq patients revenus grièvement blessés de la Guerre d’Afghanistan, à l’aide d’une matrice extracellulaire issue de vessie de porc.

Selon les résultats que Brian Sicari et ses collègues de l’université de Pittsburg ont publiés dans « Science Translational Medicine », cette matrice joue le rôle de « balise de détresse » pour activer et guider la prolifération des cellules souches du patient. Elles secrètent en effet un cocktail de peptides capable de mobiliser les cellules souches périvasculaires et de les attirer sur les sites de la blessure ou la proximité avec les cellules musculaires restantes va les inciter à s’assembler en de nouvelles fibres ?

Une rééducation intensive

Ces cinq patients étaient des hommes âgés entre 27 et 37 ans, ayant perdu entre 58 et 90 % de leur muscle dans une de leurs jambes. Lors d’une première opération chirurgicale, ils se sont vus retirer les tissus cicatriciels aurour de leur blessure, sur laquelle la matrice a été implantée. Ils ont ensuite bénéficié d’une rééducation intensive deux jours après l’acte chirurgical.

L’une des clés de la reconstitution étant en effet l’application répétée des forces mécaniques qui permettent aux nouvelles cellules apparues grâce à la matrice extracellulaire de devenir des cellules musculaires fonctionnelles bien intégrées aux fibres déjà en place. Les patients étaient entraînés à effectuer des taches quotidiennes comme gravir un escalier, se lever d’une chaise ou parvenir à lever une jambe en position assise. Trois d’entre eux ont vu leurs fonctions motrices s’améliorer de plus de 25 %.

L’héritage de la chirurgie reconstructrice du sein

Cette méthode est pensée pour restaurer l’intégralité des muscles qui ont subi des dégâts trop lourds pour que les tissus puissent d’eux-mêmes remplir les vides laissés par les lésions. Les matrices extracellulaires de la petite submuqueuse intestinale de porcs sont déjà employées sous formes de filets biologiques dans le traitement des hernies.

Cette approche est également exploitée pour accélérer la régénération des tissus mous après un traitement chirurgical du cancer du sein. Les chercheurs de Pittsburg sont les premiers à réussir à appliquer cette stratégie avec succès sur un tissu musculaire contractile.

Brian Sicari et all, An Acellular Biologic Scaffold Promotes Skeletal Muscle Formation in Mice and Humans with Volumetric Muscle Loss, Science Translational Medicine 30 April 2014: Vol. 6, Issue 234, p. 234ra58

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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