Neuropathies, dépression, fatigues... l’ASCO se penche sur la prise en charge des survivants du cancer

Neuropathies, dépression, fatigues... l’ASCO se penche sur la prise en charge des survivants du cancer

16.04.2014
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La société américaine d’oncologie (ASCO) vient de rendre publiques les trois premières recommandations centrées sur les parcours de soins des survivants de cancer. Ces trois recommandations concernent les neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie, les fatigues chroniques et le risque de dépression, et ont toutes été publiées dans le « Journal of Clinical Oncologie ».

Douleurs post-chimiothérapie

En ce qui concerne les neuropathies, l’ASCO rappelle qu’elles touchent 30 à 40 % des patients après une chimiothérapie, avec des symptômes qui vont de l’engourdissement à des douleurs lancinantes dans les bras et les jambes. Pour les patients encore sous chimiothérapie, les douleurs les plus importantes peuvent justifier une réduction des doses, ou un changement du type de médicament employé. L’ASCO reconnaît qu’il n’existe pas, dans la littérature, de traitement préventif approprié contre la survenue de neuropathies. Certains travaux suggèrent que la venlafaxine pourrait avoir un intérêt en prévention primaire, mais les auteurs estiment que les données expérimentales n’étaient pas suffisamment solides pour le recommander en routine.

Les auteurs dressent toutefois une liste d’agents à éviter en prévention : l’acetyl-L-carnitine, l’amifostine, l’amitriptyline, le diéthyldithiocarbamate de sodium, la nimodipine, les acides transrétinoïques, le rHuLIF, la vitamine E ainsi que le glutathion pour les patients qui suivent une chimiothérapie à base d’oxiplatine.

Un seul traitement est clairement recommandé pour les patients chez qui l’on a déjà diagnostiqué une neuropathie après une chimiothérapie : la duloxetine, un antidépresseur vendu en France par Eli Lilly sous les noms de Cymbalta et Yentreve. Malgré les premiers résultats encourageants d’une étude de phase III concernant acetyl-L-carnitine, les auteurs ont préféré ne pas l’inclure dans leurs recommandations tant que des résultats tangibles n’ont pas été publiés dans une revue dotée d’un solide comité de lecture. Aucune recommandation ne pouvait être faite en ce qui concerne la gabapentine, habituellement indiquée dans les douleurs neuropathiques, ou le baclofène. Enfin, s’ils ne sont pas recommandés en routine, le recours aux antidépresseurs tricycliques peut être envisagé après avoir correctement informé le patient des risques et du coût associé.

Une définition de la dépression plus large

Les recommandations sur la prévention et la prise en charge de la dépression des survivants du cancer sont, quant à elles, des adaptations de recommandations canadiennes plus anciennes. Elles insistent sur l’importance de la détection des symptômes dépressifs, que ce soit lors de la chimiothérapie ou après. Il est ainsi recommandé aux médecins de surveiller les facteurs de risques dépressifs, comme les problèmes familiaux, et de procéder s’il le juge nécessaire à un questionnaire PHQ-9 pour la dépression. Les auteurs recommandent toutefois de considérer le patient comme dépressif à partir d’un score supérieur à 8 points au lieu du seuil habituel de 10. Le parcours de soins conseillé reste le même que pour n’importe quel autre type de patients dépressifs ou anxieux, avec un traitement des causes des troubles anxieux et dépressifs (fatigues, douleurs...) en première ligne, suivi d’une prescription d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques si les symptômes persistent.

L’activité physique plutôt que les stimulants

Les dernières recommandations concernent les fatigues chroniques. Il y est suggéré aux médecins de veiller à l’apparition d’épisodes d’intenses fatigues chez les patients, et de leur apprendre à différencier les fatigues normales liées à la chimiothérapie et celles plus problématiques qui persistent longtemps après la fin du traitement. Les recommandations promeuvent l’activité physique comme le moyen de prédilection pour réduire les symptômes de fatigue. Il y avait en revanche trop peu de preuves de l’intérêt des stimulants, comme le méthylphénidate ou le modafinil, qui ne sont donc pas recommandés pour ce type de patient.

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
17.04.2014 à 18h12

« Et l'homéopathie patate !
Et l'acupuncture, la phyto, ka nutri...
Faudrait te mettre à la page ! »

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