Un patient sur deux ne respecte pas son traitement dans la durée : un livre blanc avance des pistes pour améliorer l’observance

Un patient sur deux ne respecte pas son traitement dans la durée : un livre blanc avance des pistes pour améliorer l’observance

12.03.2014

En plein débat sur l’observance, alors que des associations viennent de demander à Marisol Touraine de renoncer à« l’assurance-maladie conditionnelle », la Fondation Concorde publie, à la demande d’Observia, opérateur de services e-santé, un livre blanc sur le sujet coordonné par le docteur en psychologie clinique, Denis Fompeyrine.

Seulement la moitié des patients suivent et respectent leur traitement dans la durée, selon ce document. Dans le détail, le taux d’observance médicamenteuse varie selon les pathologies. De 75 % à 80 % pour les transplantations cardiaques (à un an), ou 60 à 70 % pour les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, il chute à 54 % pour les maladies cardiovasculaires, 48 % pour la transplantation rénale, et varie de 31 à 87 % pour le diabète, ou de 54 à 88 % pour le VIH.

Coût : 2 milliards d’euros par an

Le coût de la non-observance s’élève en France à 2 milliards d’euros annuels, le nombre de journées d’hospitalisation induites atteint le million, et 8 000 décès seraient directement liés, peut-on lire.

Les facteurs de non-observance sont multiples : difficultés matérielles et pratiques, symptômes d’intolérance, mais aussi oubli, lorsque le patient n’est pas convaincu de l’efficacité de son traitement, éprouve de la lassitude, voire cherche à exprimer son libre arbitre, précise le livre blanc.

Des programmes existent déjà pour améliorer l’observance, comme les rappels par SMS. Ainsi, à l’hôpital de la Timone à Marseille, le dispositif a permis d’abaisser à 15 % le taux de non-observants après angioplastie coronaire. Des moyens de simplification (piluliers « intelligents », hotlines) aident les patients à se retrouver dans leur traitement, tout comme des programmes d’éducation thérapeutique (comme les entretiens pharmaceutiques) ou motivationnels.

Consultations cliniques complexes

La Fondation Concorde émet six propositions pour améliorer l’observance - à commencer par l’évaluation de son impact à travers une étude épidémiologique, une étude économique et une dernière sur l’efficacité des programmes existants.

Pour les médecins, le livre blanc suggère d’ajouter le risque de la non-observance aux critères des consultations cliniques complexes (avec critères de durée, de complexité du sujet, stress généré et gravité de la situation) et d’augmenter la part de psychologie médicale au cours de la formation initiale et continue.

Pour les patients, le renforcement des programmes d’éducation et d’accompagnement pour les maladies chroniques est préconisé. L’importance d’individualiser les dispositifs de gestion du traitement est soulignée. Et l’information du public devrait être renforcée par l’intégration dans les notices des médicaments d’avertissements portant sur les risques de non-observance.

La Fondation suggère la création d’un « observatoire de l’observance » pour en évaluer le coût et anticiper les dépenses. Elle préconise la prise en compte (y compris en terme de remboursement) des programmes d’observance dans les soins et traitements.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 6 Commentaires
 
14.03.2014 à 09h59

« Et ils ont du faire une étude pour cela?? Ils n'avaient qu'à nous demander:il y en a qui prennent des 1/2 comprimés d'antihypertenseurs("pour en avoir plus longtemps"),qui arrêtent les antibiotiques Lire la suite

Répondre
 
13.03.2014 à 13h54

« AH on en reparle "du pilulier intelligent" !
Tout ce beau monde doit travailler pour monsieur le ministre MONTEBOURG qui a lancé l'idée !
Idée pour les riches et non pas pour les pauvres!Merci MST ! Lire la suite

Répondre
 
12.03.2014 à 22h46

« http://www.observia.fr/Services-aux-patients : on voit mieux où cette "étude" veut en venir... Il s'agit en fait de "faire la pub" pour des abonnements payants, sortes de pense-bêtes hi-tech pour n Lire la suite

Répondre
 
12.03.2014 à 22h42

« "Tournée prioritairement vers les TPE/PME et l’industrie, la Fondation Concorde a pour préoccupation permanente la compétitivité des entreprises et l'entrepreneuriat, tout en exigeant un Etat allégé Lire la suite

Répondre
 
12.03.2014 à 22h40

« "La Fondation Concorde est un think tank français fondé en 1997 par un groupe d'universitaires et d'hommes et femmes d'entreprises." (Wikipedia) Euh... et qu'est-ce qu'ils y connaissent à l'observan Lire la suite

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