Numéro unique, extension des horaires, nuit profonde : l’UNOF met le turbo sur la PDS

Numéro unique, extension des horaires, nuit profonde : l’UNOF met le turbo sur la PDS

05.03.2014

Face à la polémique « malsaine et injuste entretenue par certains responsables hospitaliers (1) et politiques » sur l’implication des généralistes dans la permanence des soins, l’UNOF contre-attaque en avançant ce mardi plusieurs propositions concrètes visant à « rénover » la PDS-A. Pas question, avertit le Dr Luc Duquesnel, chef de file de l’UNOF, de revenir sur les acquis de 2002, à savoir le volontariat régulé rémunéré et le principe des organisations départementales « à la carte ». Pour autant, il convient de faire bouger les lignes sur plusieurs dossiers.

• Une PDS-A lisible avec un numéro national unique

L’UNOF fait le constat que, malgré les discours, « rien n’est fait aujourd’hui » par les agences régionales de santé pour réguler l’accès aux urgences hospitalières et pour flécher le parcours des patients vers des structures ambulatoires en cas de soins non programmés aux heures de la PDS. Afin d’améliorer la lisibilité des gardes de ville, l’UNOF défend (comme d’autres syndicats) la mise en place d’un numéro d’appel national unique réservé à la PDS-A, facilement mémorisable comme le 33 33, « différent du 15 et de SOS ». Le gouvernement consulte sur ce sujet délicat qui exige une modification législative. A ce numéro national unique serait accolé un système d’information pratique dédié à la PDS-A mais aussi des régulateurs libéraux « en nombre suffisant pour garantir un "décroché" rapide », réclame l’UNOF.

Le syndicat de généralistes réclame plusieurs mesures complémentaires permettant de mieux structurer cette PDS-A : un régime de responsabilité administrative pour les effecteurs libéraux permettant de sortir du « no man’s land assurantiel », la sécurisation des maisons médicales de garde (et la pérennisation de leur financement) ou encore la mise à disposition de moyens de transport des patients vers les MMG dans les zones rurales pour éviter certaines visites à domicile....Parallèlement, « il faudrait éduquer » les patients à la bonne utilisation du système de soins aux heures de PDS-A, plaide le Dr Luc Duquesnel.

• Extension des plages horaires de PDS au 18 h/20 h en semaine et au samedi matin

Aujourd’hui, les plages de PDS-A (avec honoraires et majorations spécifiques) commencent à 20 h en semaine et le samedi après-midi. L’UNOF propose que la loi rende possible l’extension des horaires de PDS à la tranche 18 h/20 h en semaine et au samedi matin (à l’instar du système organisé qui avait été négocié pour le samedi après-midi et les pontés fériés). Cela éviterait les plaintes déposées contre des généralistes qui refusent en fin de journée des patients supplémentaires dont ils ne sont pas médecins traitants, argumente l’UNOF. Cette extension de la PDS-A ne serait pas une obligation mais possible « en fonction des besoins locaux » et de la demande des généralistes.

• La régulation libérale en nuit profonde si besoin

Paradoxalement, alors que nombre d’ARS imposaient hier une organisation de PDS-A en période de nuit profonde (minuit/8 h), plusieurs d’entre elles suppriment désormais unilatéralement la PDS-A sur cette tranche horaire « pour des raisons économiques », constate l’UNOF. Or, selon le syndicat, cela « pose certaines difficultés pour prendre en charge les patients alors que des médecins seraient prêts à la régulation et à l’effection ». Là encore, le Dr Luc Duquesnel défend un système souple avec le développement d’une régulation libérale en nuit profonde, là où elle n’existe pas, en fonction des besoins locaux. « Dans 97 % des cas, cette régulation libérale n’appelle pas l’intervention de médecins effecteurs mais aboutit à des conseils, des ordonnances faxées... »

• Harmoniser les rémunérations et payer les gardes administratives

L’UNOF constate que les tarifs des médecins régulateurs et des effecteurs « varient du simple au double », avec des écarts au sein d’une même région. Le syndicat suggère que les rémunérations reviennent dans le giron conventionnel et soient harmonisées et revalorisées.

Autre point majeur : le syndicat appelle de ses vœux une reconnaissance et un paiement sans délai des actes réalisés dans le cadre des gardes dites administratives (certificats de décès, certificats de psychiatrie, et gardes à vue), qui ne relèvent pas directement de la PDS-A faute de textes réglementaires. « Le certificat de décès nécessite une cotation spécifique. En Indre ou dans le Loiret, c’est 200 euros », assure le patron de l’UNOF.

(1) Lors d’auditions parlementaires sur la PDS, des responsables de SAMU re France ou de la FHF ont mis en cause la désorganisation ou le désengagement de la médecine de ville.

Cyrille Dupuis
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 5 Commentaires
 
06.03.2014 à 14h36

« Le public a voulu gérer les urgences grâce à "leur compétence" avec les SMUR, maintenant à eux d'assumer leur succés!!!
Moi les gardes plus jamais, sauf sous le régime de la force publique, envoyez- Lire la suite

Répondre
 
05.03.2014 à 22h40

« Jusqu'à maintenant, on assurait tout : nuits profondes, week-end et administratif. L'ARS de Lorraine vient de nous enlever la nuit profonde en semaine mais pas le week-end. Sans nous demander notre Lire la suite

Répondre
 
05.03.2014 à 21h54

« Voici mon avis sur toutes ces propositions concernant la PDS: N° de téléphone unique national type 33 33: OUI, extension des horaires aux samedis matins et à partir de 18h en semaine: NON, régulatio Lire la suite

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06.03.2014 à 13h08

« Je gère un Cabinet Libéral Tournant en région parisienne et nous assurons à 100%, les dimanches, ponts, jours fériés et les soirées (20h-24h). Une extension des horaires me parait compliquée à organ Lire la suite

Répondre
 
06.03.2014 à 05h45

« Pourquoi NON à l'extension des horaires de la PDS et à la régulation libérale en nuit profonde ? »

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