Boycott des stages infirmiers : les cliniques mettent leur menace à exécution, Touraine rassure

Boycott des stages infirmiers : les cliniques mettent leur menace à exécution, Touraine rassure

28.02.2014
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Le ministère de la Santé s’est fendu en 24 heures de deux communiqués visant à rassurer les étudiants infirmiers sur la décision des cliniques privées de ne plus les accueillir en stage à partir de ce samedi 1er mars. « Près de 90 % des étudiants [sur 90 000, NDLR] ont déjà obtenu un nouveau stage dans les établissements publics ou privés non lucratifs », a annoncé jeudi Marisol Touraine. La veille, la ministre avait précisé avoir mobilisé ses services et les agences régionales de santé pour qu’une solution soit trouvée « au plus vite ».

À l’origine de ce boycott, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) entendait protester contre la nouvelle baisse tarifaire de 0,24 % qui leur est imposée (confirmée ce vendredi avec la publication officielle des tarifs).

La FHF dénonce le chantage des cliniques

Les cliniques ouvrent chaque année leurs portes à 35 000 étudiants infirmiers de 1re, 2e et 3e année.

« Ce qu’on dit aux étudiants, c’est "si vous êtes en stage chez nous, vous restez, si vous devez commencer votre stage à partir du 1er mars, vous ne viendrez pas chez nous" », a précisé le président de la FHP Jean-Loup Durousset.

Dans un courrier au directeur du cabinet de la ministre de la Santé, la FHP déroule ses arguments, tout en interpellant le ministère sur « l’égalité de traitement des acteurs » du public et du privé. L’effort collectif de maîtrise des dépenses demandé aux cliniques est de 100 millions d’euros, « alors que le secteur privé perçoit moins de 1 % des MIGAC [missions d’intérêt général] et paie 600 millions d’euros d’impôts et taxes dont ne s’acquittent pas les autres acteurs hospitaliers », lit-on.

« Il n’est pas très responsable de prendre les étudiants en otage, a commenté cette semaine Gérard Vincent, délégué général de la FHF. On ne peut revendiquer une mission de service public, tout en tirant le tapis en faisant du chantage ». La FHF « assumera » les conséquences de cette situation, a-t-il assuré. Le ministère de la Santé de son côté n’a pas caché son exaspération devant l’attitude des cliniques.

2 000 étudiants sur le carreau ?

L’intervention de la ministre de la Santé n’a pas totalement rassuré la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI). « 2 000 jeunes infirmiers sont toujours sur le carreau, assure la présidente Karina Durand. Il ne faudrait pas que leur réaffectation se traduise par un gonflement du nombre d’étudiants par service au lieu de créations de stages. La pédagogie des études infirmières ne doit pas pâtir de la situation ».

La FNESI compte « faire le point » ce samedi en fin de journée avec les élus régionaux sur le nombre réel de réaffectations. « La possibilité d’une manifestation nationale est maintenue, affirme Karina Durand. Les étudiants sont révoltés, ils se sentent utilisés et déconsidérés, même ceux qui ne sont pas concernés par la problématique des stages. Toute cette histoire a réveillé un mal-être latent. » Chaque étudiant perçoit 0,66 euro de l’heure à titre d’indemnité de stage, conclut-elle, amère.

Anne Bayle-Iniguez
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 3 Commentaires
 
01.03.2014 à 19h39

« Il ne peut y avoir de dialogue, c'est un dictât nous sommes bien dans un pays libéral-communiste ! »

Répondre
 
01.03.2014 à 10h22

« Public versus Privé, Privé versus Public, dans le monde de la Santé, dans le monde de l'Education, dans le monde de l'Entreprise: quelles joutes stériles et pathétiques ! Il serait grand temps qu'en Lire la suite

Répondre
 
01.03.2014 à 09h45

« Et oui, le bras de fer des cliniques avec le ministère se traduit par une prise en otage des étudiants infirmiers.
Mais qu'ils mettent à exécution leurs menaces, car non seulement les étudiants peu Lire la suite

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