Décès liés à la grippe : faut-il s’en inquiéter ?

Décès liés à la grippe : faut-il s’en inquiéter ?

07.02.2014
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Ce mercredi, l’InVS indiquait que le seuil épidémique de la grippe était franchi. Un jour plus tard, le Centre hospitalier de Niort annonçait deux cas mortels de contamination H1N1. Faut-il pour autant s’alarmer ? Non, tranche Paul Lechuga, le directeur de santé publique de l’ARS de la région Poitou-Charentes. « La concomitance de ces deux situations donne l’impression que la situation épidémique est grave », déclare-t-il. Et d’ajouter : « La lecture qui en est faite est alarmiste. » Selon lui, il faut replacer les faits dans une autre perspective, celle de la hiérarchie des risques.

« Interprétations un peu rapides »

Les personnes décédées, âgées de 50-60 ans, étaient toutes deux atteintes de pathologies lourdes. L’une était immunodéprimée, la seconde atteinte d’une pathologie vasculaire (avec antécédent d’AVC). Dans le premier cas, la grippe a été considérée comme une infection nosocomiale, venue compliquer un état de santé très précaire. En réaction à cela, le CH de Niort a mis en place un certain nombre de mesures : mesures de protection pour les patients, information aux médecins traitants, précautions d’usage (désinfection des mains, port de masques) pour les personnels et les familles, traitement prophylactique du personnel par Tamiflu… Soit un ensemble de mesures que Paul Lechuga juge « proportionnées ». Ce qu’il critique, ce sont les « interprétations un peu rapides » faites à l’encontre de sa région. Même si le Poitou-Charentes a atteint la semaine dernière le seuil épidémique, l’évolution de la grippe est, selon lui, loin d’être la plus inquiétante. « Nous avons un taux de mortalité chez les cas graves de 8 %, justifie-t-il. Ce qui n’est pas très élevé. » Et conforme à la mortalité nationale.

« Renforcer la campagne de vaccination »

Si le directeur de santé publique de l’ARS du Poitou-Charentes se veut rassurant, il rappelle toutefois que la vaccination, notamment des plus fragiles, est indispensable. La campagne de vaccination a d’ailleurs été prolongée jusqu’au 28 février. « Nous allons profiter de sa prolongation pour inciter les personnes les plus exposées à se vacciner ». Un seul hic, les vaccins sont approvisionnées de manière inégale sur le territoire. L’ARS insiste aussi sur l’amélioration de la couverture vaccinale des professionnels de santé, en particulier ceux confrontés à des personnes fragiles. Au CHU de Niort, tous n’étaient pas vaccinés.

Dr Ada Picard
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 12 Commentaires
 
08.02.2014 à 09h36

« Tellement d'accord avec tous mes confrères que je souhaite que cette tribune soit publiée à grande diffusion. Qui le fera ? Merci »

Répondre
 
08.02.2014 à 08h31

« Doit-on se faire soigner dans des hôpitaux où un médecin sur 5 et 1 soignant sur 20 est vacciné et où le personnel qui tousse ne porte pas de masque ? »

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14.02.2014 à 20h00

« En restant très confraternel , pourriez-vous nous dire quel était votre professeur d'épidémiologie ? »

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11.02.2014 à 18h20

« Pourquoi obliger des salariés en bonne santé à se faire vacciner ? La vaccination des salariés doit servir à les protéger et non à protéger les tiers. Aux tiers de se protéger s'ils le souhaitent en Lire la suite

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08.02.2014 à 08h15

« Supprimer le 100% des ald ne faisant pas leurs vaccins, renforcerait la couverture vaccinale. »

Répondre
 
10.02.2014 à 08h25

« Un diabetique qui ne fait pas ses contrôles de glycemies, ses prises de sang, ses contrîoles annuels cardio et ophtalmologiques, l'ald lui sert à quoi : rien donc après un an sans bilan supprimons l Lire la suite

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08.02.2014 à 12h08

« Très tolérant !

Bonjour
Etre en ALD signifie avoir une pathologie qui vous fait passer bcp de temps chez les médecins, avaler beaucoup de médicaments.
A un moment une lassitude s'installe et on dél Lire la suite

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08.02.2014 à 08h14

« Ce qui peut être rassurant , c'est que tous les morts ne soient pas vaccinés , mais rappelez vous c'est comme au loto 100% des gagnants ont joués, mais les français se croient supérieurs aux épidémi Lire la suite

Répondre
 
08.02.2014 à 05h15

« A Mexico sur environ 3 000 cas la mortalité est de 10 %!
Les autorités se veulent rassurante, mais le H1N1 peut changer de virulence comme ce fut le cas en 1918, lors des morts de la grippe espagno Lire la suite

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