Actes inutiles et déresponsabilisation : un professeur de Cochin dénonce les dommages du principe de précaution

Actes inutiles et déresponsabilisation : un professeur de Cochin dénonce les dommages du principe de précaution

22.01.2014
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Invité par l’association Femme médecin libéral (FML) à participer à un débat sur le risque sanitaire, le Pr Mickaël Peyromaure s’est livré samedi dernier à un réquisitoire musclé sur la pertinence médicale et économique du principe de précaution – son dada – devant une trentaine de médecins.

Professeur d’urologie à l’hôpital Cochin (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), le médecin estime que le principe de précaution tel qu’il existe « aggrave le phénomène de surconsommation des examens médicaux » et « déresponsabilise » les médecins, amenés à se « protéger derrière des procédures de sécurité », parfois même au détriment du diagnostic et du soin.

Mauvaise médecine, bonne administration

Le Pr Peyromaure cite l’exemple des réunions de concertation pluridisciplinaire, imposées pour la prise de décision en oncologie. D’une évaluation des bonnes pratiques, ce dispositif est devenu, aux dires de l’urologue, une « chambre d’enregistrement », « facteur d’éloignement entre le médecin et le patient », voire « une entrave aux soins ».

Les torts sont partagés entre les médecins, l’administration et les patients, incités par le principe de précaution à maintenir une « pression » sur les praticiens hospitaliers, reconnaît toutefois le Pr Peyromaure.

Chirurgien thoracique et cardiovasculaire et membre du bureau du FML, le Dr Sophie Bauer abonde dans le sens de son confrère, dénonçant la récurrence d’une « mauvaise médecine exercée au nom d’une bonne administration ».

Anne Bayle-Iniguez
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 20 Commentaires
 
23.01.2014 à 16h58

« Samedi en fin de matinée : une patiente, aux ATDC d'EOA utérus traité par chirurgie + radiothérapie en 2007, me consulte, en présence de son mari, pour "des brûlures urinaires" avec "polakiurie" d Lire la suite

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23.01.2014 à 12h13

« Bien entendu, il s'agit bien des conséquences de l'inscription délirante du "principe de précaution", principe fabriqué par des assistés qui ont toujours vécu dans le statut infantilisant de la fonc Lire la suite

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23.01.2014 à 09h34

« La solution est simple : plus d'argent dans la médecine et les hôpitaux, plus de médecins, plus de temps pour chaque patient, un vrai suivi, une vraie prise en charge (les patients se plaignent cons Lire la suite

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23.01.2014 à 07h12

« HSPT et le commissaires politiques, quand on a plus d'administratifs que de soignants, c'est la fin d'un métier ! »

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23.01.2014 à 00h25

« Il a raison, mais sur le fond rien ne peut changer. »

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