Psychiatrie : le rapport Robiliard suscite (bien) des espoirs

Psychiatrie : le rapport Robiliard suscite (bien) des espoirs

09.01.2014
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Le rapport rendu par le député socialiste Denys Robiliard ce mercredi 8 janvier à la ministre de la Santé Marisol Touraine au nom de la mission d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie a été relativement bien accueilli par la profession.

Le collectif des 39 salue plusieurs avancées, comme la reconnaissance du secteur comme « l’organisation la plus pertinente sur le plan clinique et en termes de maillage du territoire et d’accès aux soins », celle du rôle des psychologues cliniciens qui, sur le terrain, est souvent méconnu, ou encore l’intérêt affiché en faveur des populations oubliées et marginalisées (les précaires, les détenus).

Le collectif nuance néanmoins la portée de certaines mesures destinées à renforcer la démocratie sanitaire, telles que la promotion des conseils locaux de santé mentale (CLSM), qui pourraient devenir un outil de normalisation, ou la mise en place de registre consignant les pratiques de restriction de la liberté.

Manque de moyens

Plus généralement, le Dr Jean-Claude Pénochet, président du syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), regrette que ces 30 propositions, dont certaines « vont de l’avant, sont parfois courageuses », ne s’assortissent pas des moyens adéquats. Le rapport constate par exemple des délais pouvant courir jusqu’à 6 mois pour une première consultation, et propose, pour y remédier, d’étendre l’amplitude horaire des centres médico-psychologiques (CMP). « Ce n’est pas si simple : il faut voter un budget pour avoir davantage de personnel », conteste le Dr Pénochet. Il déplore d’autre part le manque d’attractivité des carrières dans le public, alors que 1 000 postes de praticiens hospitaliers ne sont pas pourvus.

La question des moyens se pose aussi pour les CLSM ou encore les pratiques de contention : « Ce n’est pas par la multiplication des formulaires et registres qu’on luttera contre les restrictions de liberté. C’est en formant le personnel, en en renforçant le nombre, et en sortant d’une atmosphère sécuritaire », analyse le Dr Pénochet.

Quant à l’articulation entre le sanitaire et le médico-social, et entre le public et le privé, que le rapport Robiliard appelle à plusieurs reprises de ses vœux, « cela fait 20 ans qu’on en parle, remarque le président du SPH. Il faudrait une instance qui regroupe tous les moyens et les répartissent, en fonction d’une politique de santé mentale qui soit commune à tous ces mondes ».

Les infirmiers satisfaits

L’Ordre national des infirmiers voit dans ce rapport la promesse d’une « réforme utile des prises en charge et des moyens de la santé en France » et insiste sur la place qu’il dévoue aux infirmiers. Les propositions 25 et 26 stipulent en effet que leur rôle doit être reconnu et leur formation améliorée.

« La loi de santé mentale que les acteurs appellent depuis plusieurs années doit permettre aux infirmiers de développer leur mission au bénéfice de tous les patients », souligne le président Didier Borniche. Et de proposer 5 mesures pour relever le défi : valoriser les actions d’orientation, de première évaluation et de référent coordonnateur de l’infirmier en psychiatrie, élaborer un nouveau référentiel de compétences, définir une spécialisation en psychiatrie au niveau master, participer à la recherche et faire de la santé mentale une priorité du programme hospitalier de recherches en soins infirmiers.

Désormais les regards se tournent du côté du gouvernement avec, pour certains, l’espoir d’une grande loi de santé mentale. Marisol Touraine a rappelé que la santé mentale constituait une des cinq priorités de santé publique de la stratégie nationale de santé annoncée le 23 septembre 2013.

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
23.02.2014 à 09h19

« Vous oubliez le numerus clausus médical qui, lui, même s'il commence à être revalorisé, est encore insuffisant.
Il y a eu le même problème avec les infirmiers, que beaucoup ont remplacés par des édu Lire la suite

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11.01.2014 à 09h59

« Les 1000 postes de PH non attribués sont l'indice que quelque soit la spécialité la fonction et le statuts en doivent être revalorisés, faute de quoi le politique aspire à une démédicalisation de la Lire la suite

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