Surveillance des méningites : le sérogroupe B majoritaire, sérogroupe C en hausse

Surveillance des méningites : le sérogroupe B majoritaire, sérogroupe C en hausse

07.01.2014

Le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » « BEH » publie aujourd’hui le bilan de la surveillance des infections invasives à méningocoques (méningites et méningococcies) en France. Les résultats portant sur l’année 2012 sont aussi disponibles de façon plus détaillée sur le site de l’Institut de veille sanitaire.

En 2012, 559 IIM ont été notifiées dont 547 en France métropolitaine, soit un taux estimé d’incidence de 0,94 pour 100 000 habitants. Ce taux est comparable à celui de 2011 et à ceux des années précédentes.

Bexsero pour mieux contrôler les situations épidémiques

Parmi les douze sérogroupes décrits dans la littérature, « les sérogroupes B, C, Y, W sont les plus répandus en France », soulignent Anne-Sophie Barret et coll. En 2012, le sérogroupe B est resté majoritaire avec un taux d’incidence des IIM B stable par rapport aux années précédentes. Toutefois, deux souches hyperinvasives ont été à l’origine de situations épidémiques localisées dans deux régions : les Pyrénées-Atlantiques et l’Alsace. Dans les Pyrénées-Atlantiques, 4 cas IIM B liés au clone B:P1.7,16:F3-3:cc32 présentant des caractéristiques identiques à celles du clone responsable de l’hyper-endémie observée en Seine-Maritime et dans la Somme, ont été notifés entre juillet et septembre 2012 et 2 cas en avril 2013. L’Alsace (Haut-Rhin et le Bas-Rhin) a vu l’émergence d’un nouveau clone du cc269 avec 16 cas d’IIM B et 2 autres en janvier 2013. L’émergence de ce clone a concerné particulièrement les adolescents et jeunes adultes fréquentant un quartier universitaire de Strasbourg. Jusqu’ici, seulement le MenBvac, développé de façon non industrielle par l’Institut norvégien de santé publique (NIPH) n’ayant pas d’autorisation de mise sur le marché mais autorisé au titre de l’article L.31-31 du code de la santé publique, permettait de faire face à de telles situations. Le vaccin Bexsero (Novartis Vaccines and Diagnostics) disponible en France depuis décembre 2012 « pourrait contribuer au contrôle de ce type de situation épidémiologique », soulignent les auteurs. En 2012, les deux situations de regroupement spatio-temporel d’IIM B dans les Pyrénées-Atlantiques et en Alsace étaient liées à la prédominance d’un clone couvert par le vaccin.

Hausse de l’incidence des IIM C

La vaccination avec un vaccin polyosidique conjugué contre le méningocoque C a été introduite dans le calendrier vaccinal en 2010. Toutefois, l’augmentation de l’incidence des IIM C se poursuit. Après une diminution du taux d’incidence des IIM C entre 2002 et 2010, la tendance marque un fléchissement avec une légère augmentation du taux d’incidence entre 2011 et 2012. La hausse s’est poursuivie au premier semestre 2013, avec 85 cas d’IIM C signalés (contre 40 cas au premier semestre 2010, 43 cas en 2011, 61 cas en 2012). Elle concerne notamment les nourrissons de moins de 1 an, les personnes de 15-19 ans et les adultes de plus de 25 ans. « La couverture vaccinale obtenue jusqu’à ce jour n’a pas conduit à une diminution rapide de l’incidence des IIM C et n’a pas permis d’observer d’immunité de groupe comme cela a été observé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Une augmentation de la couverture vaccinale, notamment chez les adolescents chez lesquels le taux de portage et de circulation des méningocoques est le plus élevé, permettrait de protéger les populations non ciblées par le programme de vaccination (notamment les moins de 1 an) et d’éviter l’installation et la diffusion de clones virulents de méningocoque C comme dans le Finistère en 2012 », soulignent Anne-Sophie Barret et coll.

IIM Y et IIM W

Concernant les autres sérogroupes, les auteurs notent que la tendance à l’augmentation des IIM Y observée en 2010 et en 2011 16 n’a pas été confirmée en 2012 « mais a repris sur les premiers mois de 2013, avec un changement de l’âge des cas ». Après un déplacement des IIM Y vers des groupes d’âges plus jeunes entre 2006 et 2010 (âge médian de 73 ans en 2006 et de 20 ans en 2010), les IIM Y touchaient à nouveau davantage les personnes âgées de 60 ans et plus en 2012 et 2013.

L’incidence des IIM W a augmenté avec une prédominance des souches du cc11. Les cas d’IIM W survenus début 2012 ont un lien épidémiologique avec un pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Mali, Sénégal) où ce sérogroupe prédomine. D’où un rappel des recommandations de vaccination contre le méningocoque pour les voyageurs se rendant dans les pays appartenant à la ceinture de la méningite en Afrique subsaharienne.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
08.01.2014 à 10h54

« Bonjour,
En tant que Présidente d'association engagée dans la lutte contre la méningite, je constate en effet qu'il y a encore du travail d'information et de prévention à effectuer ....

Notre coll Lire la suite

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