Un anticorps anti-CD36 pour attaquer les réservoirs du VIH

Un anticorps anti-CD36 pour attaquer les réservoirs du VIH

21.11.2013
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Philippe Benaroch et son équipe font la une de la revue « Journal of Experimental Medicine », en publiant une étude de concept fondée sur des anticorps anti-CD36 pour attaquer les réservoirs du VIH, et plus particulièrement les stocks du virus cachés dans les macrophages.

Les chercheurs du laboratoire Immunité et cancer (INSERM/institut Curie) montrent qu’il est possible grâce à des anticorps de bloquer la libération des particules virales hors des compartiments internes où elles sont regroupées. Ils ont suivi le devenir de macrophages (le mot signifie « gros mangeurs en Grec »), avant et après l’infection par le VIH.

Des mois voire des années

Contrairement aux lymphocytes T qui meurent quelques jours après avoir été infectés, les macrophages sont beaucoup plus résistants et ils peuvent héberger le VIH pendant des mois voire des années. Et les auteurs notent que « ces compartiments internes dans lesquels les virus s’accumulent préexistent à l’infection ». Ce qui pourrait expliquer le rôle particulier des macrophages en tant que réservoirs du VIH.

S’ils ne savent pas encore bien à quoi peuvent servir ces réservoirs en dehors des périodes d’infection (« cela a sans doute un lien avec la fonction « d’éboueur » des macrophages »), ils observent que « certains récepteurs caractéristiques de cette fonction sont concentrés au niveau de ces compartiments et plus spécialement le récepteur CD36 », explique l’immunologiste.

Un enchevêtrement

Les chercheurs ont exposé des macrophages infectés à des anticorps anti-CD36, et obtenu un blocage de la libération des virus hors des macrophages infectés.

Les anticorps pénètrent et atteignent les compartiments internes, où ils piègent les particules virales en se liant aussi bien aux récepteurs CD36 présents sur leur enveloppe que sur ceux des compartiments, explique Philippe Benaroch.

Il en résulte un enchevêtrement composé de macrophages, de microtubules, d’actine et des particules virales, où plus rien ne peut bouger. « Le VIH est assez fragile et l’effet des traitements anticorps assez long. Si les particules virales sont piégées pendant quelque temps dans les compartiments, nous pensons qu’ils perdront leur pouvoir infectieux ». Un brevet a été déposé.

Ces travaux abordent aussi un aspect des macrophages qui pourraient être impliqués dans la croissance de certaines tumeurs, qui « semblent recruter les macrophages pour stimuler leur développement. »

 Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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