La dépression n’expose pas à un risque de cancer accru

La dépression n’expose pas à un risque de cancer accru

01.10.2013
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Une étude Inserm menée dans la grande cohorte française GAZEL d’anciens employés d’EDF-GDF ne montre aucune association significative entre le fait d’avoir connu des symptômes dépressifs au cours de sa vie et la survenue ultérieure de cancer.

Dès Hippocrate et les débuts de la médecine, le rôle d’une humeur mélancolique a été suspecté dans la survenue des tumeurs. Aujourd’hui, certains pensent que la dépression est un facteur de risque de cancer. « Les idées reçues ont parfois la vie dure », explique Cédric Lemogne, psychiatre à l’hôpital Européen Georges Pompidou et principal auteur au sein de l’équipe de Marie Zins (Unité mixte de recherche 1018 « Centre de recherche en Épidémiologie et santé des populations »).

La cohorte GAZEL a suivi 14203 personnes entre 1994 et 2009. Parmi elles, 1129 ont développé un cancer diagnostiqué. La survenue d’événements dépressifs a été mesurée d’après les réponses apportées par les participants à un questionnaire spécifique tous les 3 ans pendant 15 ans et par les diagnostics de dépression posés à l’occasion d’arrêt de travail. Cinq types de cancer étaient suivis dans cette étude : prostate, sein, côlon, cancer associé au tabac et cancer des organes lymphoïdes ou hématopoïétiques.

À risque égal, une mortalité par cancer augmentée

Si être déprimé n’est pas associé à un risque de cancer accru, l’annonce d’un cancer peut susciter des symptômes dépressifs. Les chercheurs soulignent l’importance de rassurer les patients. Il n’est pas normal ni dangereux de se sentir abattu. « Les patients ne doivent pas s’inquiéter s’ils se sentent déprimés. Le plus important, c’est de bien suivre tous les traitements : contre le cancer d’une part et contre la dépression d’autre part ».

En revanche, sans être responsable de la survenue de cancer, les maladies mentales sont associées à un risque plus important de mortalité par cancer. Les personnes dépressives pourraient avoir tendance à négliger leur santé et pâtir de retard diagnostique. Comme le soulignent les auteurs, leur accompagnement médical gagnerait à être repensé et adapté à l’avenir.

The American Journal of Epidemiology, article à paraître.

Dr I.D.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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