Généralistes : des chercheurs se creusent la tête pour contenir le coût des prescriptions

Généralistes : des chercheurs se creusent la tête pour contenir le coût des prescriptions

27.09.2013
  • 1380298082458128_IMG_111836_HR.jpg

« Peut-on caractériser les pratiques de prescription ? » C’est la question que se pose la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), bureau placé sous l’égide des ministères de la Santé, de l’Économie et du Travail.

Dans une récente étude, chercheurs et économistes s’interrogent sur « la possibilité de cibler les médecins en fonction du coût de leurs prescriptions », en les comparant « avec et sans prise en compte de l’état de santé de la patientèle ».

Pourquoi ? Car « dans un contexte d’importantes tensions budgétaires, il existe donc un enjeu fort à contenir la dépense de médicaments en France », explique la DREES.

Plusieurs leviers existent déjà : baisse des prix des médicaments, des taux de remboursement, « actions explicites » de l’assurance-maladie auprès des patients et des médecins pour « influer sur leur prescription ». La DREES prend en exemple les visites des délégués de l’assurance-maladie « auprès de certains médecins préalablement identifiés » et la mise en œuvre du dispositif de paiement à la performance (ou ROSP), qui vise à « inciter [les généralistes] à augmenter leurs prescriptions dans le répertoire des génériques ».

60 euros les troubles mentaux, 30 euros les maladies de l’appareil circulatoire

Pour l’instant, la DREES cherche encore la marche à suivre. Cela passe par la construction d’un « indicateur synthétique permettant de comparer les prescriptions », qui, en toute logique, devrait être « fondé sur le critère purement financier du coût des ordonnances ». Problème : le sexe, l’âge et le type de pathologies dont souffrent les patients divergent entre médecins. « Un médecin peut avoir un coût moyen de traitement ponctuel élevé du simple fait qu’il soigne des patients dont l’état de santé est moins bon, c’est-à-dire ayant des pathologies qui occasionnent des prescriptions plus onéreuses », admettent les experts.

De plus, des écarts importants subsistent entre diagnostic : « les troubles mentaux du comportement occasionnent en moyenne un coût ponctuel de traitement de l’ordre de 60 euros quand les maladies de l’appareil circulatoire occasionnent en moyenne un coût ponctuel de traitement d’environ 30 euros », chiffre la DREES.

Enfin « les effets structures », à savoir la part de génériques délivrés par les médecins, affectent aussi le coût de la prescription.

La conclusion de la DREES porte à croire que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour développer un indicateur du coût des ordonnances efficace et l’« exploit[er] à des fins opérationnelles ». « Avant de tirer les implications des résultats de ces travaux, il est important d’en souligner les limites », confessent les chercheurs.

ANNE BAYLE-INIGUEZ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 10 Commentaires
 
Raphaël L Médecin ou Interne 30.09.2013 à 21h53

« Marrant! Depuis que Clémenceau a dit: "la guerre est trop importante pour la laisser aux mains des militaires", en France, les politiques ignares décident pour les autres, et çà dure depuis un siècl Lire la suite

Répondre
 
30.09.2013 à 17h01

« Pathétique comme d'habitude et une aumône... »

Répondre
 
30.09.2013 à 09h07

« Que ces chercheurs ne se creusent pas trop la tête de ce côté là pour mieux se la creuser sur les finances des hôpitaux, les économies à faire sont là ! »

Répondre
 
29.09.2013 à 09h55

« Pour quelle raison, nos syndicats ne communiquent pas dans la presse grand public, les chiffres de la gabegie ? Le salaire annuel du Président de la Sécu, des présidents de caisses, les salaires moy Lire la suite

Répondre
 
28.09.2013 à 15h58

« Le patient demandera au pharmacien les médicaments pour les symptômes annexes.L'ordonnance coutera moins chère. »

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Régime complémentaire et ASV : la retraite « en temps choisi » applicable dès 2017 !

CARMF Médecin retraite

Tout vient à point… Après l'échec en 2014 d'un premier projet de « retraite à la carte » (une réforme du seul régime complémentaire... 2

Contraception Essure : après le lancement d'une action judiciaire, le CNGOF appelle à un recueil fiable des données

Essure

Les micro-implants tubaires Essure de contraception définitive font l'objet d'une première action en justice en France contre le fabricant... Commenter

« Bref, je suis interne d’ortho », la parodie d’un étudiant visionnée près de 400 000 fois

En bref Interne en ortho

Rémi di Francia n’en revient pas. Sa vidéo parodique sur l'internat diffusée le 16 novembre dernier rencontre un énorme succès sur les... 9

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter