Plan cancer lancé début 2014 : les recommandations du Pr Vernant

Plan cancer lancé début 2014 : les recommandations du Pr Vernant

30.08.2013
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Le Pr Jean-Paul Vernant a remis aujourd’hui à Marisol Touraine et à Geneviève Fioraso ses recommandations pour le troisième Plan cancer. « Ces propositions viendront enrichir le travail important des groupes de travail mis en place par le ministère des Affaires sociales et de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en collaboration avec l’Institut national du cancer (INCa), chargés d’élaborer le plan cancer 3 », soulignent les ministères. Le 3e plan devrait être lancé au début de l’année 2014.

Le rapport mis en ligne sur le site de l’INCa est articulé en 3 parties : les objectifs, cinq axes thématiques et les axes transversaux.

Une organisation simplifiée

Trois grands objectifs sont proposés : la réduction sensible et objective des inégalités de santé suivie par 4 indicateurs (la mortalité prématurée par cancer, les inégalités de participations aux dépistages des cancers, le surrisque de mortalité des cancers chez les personnes de plus de 75 ans, les inégalités de survie) ; les adaptations du système de santé et de son financement (évolutions des pratiques, des métiers et des équipements) ; la simplification de l’organisation existante. « Alors que l’élaboration d’un nouveau plan est souvent l’occasion de la mise en place de nouvelles structures, nous avons au contraire souhaité dans ce rapport proposer une simplification et une amélioration de la lisibilité de l’organisation territoriale de la lutte contre le cancer », relève le Pr Vernant. Le rôle de lNCa est ainsi renforcé au niveau nationaltandis que les cancéropôles auront plus de responsabilités interrégionales. Le rapport propose en outre que les anciens réseaux régionaux se transforment en délégation régionale sous la tutelle des cancéropôles.

Nouvelle approche de la prévention

Parmi les pistes présentées dans les 5 axes thématiques : prévention et dépistage ; recherche ; les métiers, les formations et pratiques de la cancérologie ; le parcours de soins ; la vie avant et après le cancer. Le rapport propose de modifier l’approche de la prévention et de « passer d’une prévention prescriptive fondée sur les interdictions à une prévention éducative ». « La meilleure prévention contre les comportements à risques est l’éducation plutôt que la coercition », résume le Pr Vernant qui propose que l’éducation à la santé se fasse dès l’école. Devant l’échec de la lutte contre le tabac, il souhaite un plan de lutte « volontariste et continue ». La mise en place des paquets neutres dans les deux ans et le remboursement à 100 % des substituts nicotiniques pendant 3 essais d’arrêt figurent parmi les mesures proposées. Le rapport recommande par ailleurs que l’intérêt de la cigarette électronique dans la politique de sevrage soit évalué. Concernant le dépistage (cancer du sein et cancer colorectal), le rapport souhaite une meilleure implication du médecin traitant dans les procédures d’invitation et dans le suivi. Il préconise le financement d’une consultation de prévention qui serait entre autres consacrée à l’explication et à l’invitation aux dépistages organisés. Sur le dépistage du cancer de la prostate, le rapport recommande que soient appliquées les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) et que soit supprimé le remboursement du dosage des PSA réalisé sans signe d’appel clinique chez les hommes sans risque élevé.

Rôle du médecin traitant

Le chapitre consacré à la vie pendant et après le cancer propose que soit organisée de manière systématique une consultation de fin de traitement qui réunisse l’oncologue référent, l’infirmier coordonnateur, un psychologue et aussi le médecin traitant du patient en question.

Le premier des 5 axes transversaux identifiés comme prioritaire concerne le rôle du médecin traitant qui doit non seulement être inclus dans les dispositifs de prévention et d’information sur le dépistage organisé des cancers mais aussi avoir participé aux parcours de soins dans l’établissement de santé. Pour cela, différentes mesures visent à mieux l’informer (transmission des données du patient par voie informatique sécurisée, numéro de téléphone dédié pour joindre un membre de l’équipe...). De même, sont jugées prioritaires la miellure implication des patients, l’amélioration du système d’information (mise en place d’un dossier communicant de cancérologie, DCC), la simplification de l’organisation, tout comme les solutions apportées aux problèmes économiques. Le Pr Vernant recommande « d’imposer dans les secteurs libéraux et publics l’absence de reste à charge pour les patients atteints de cancer » lors des dépistages, des soins du cancer et de l’après cancer.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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