Les mutilations génitales touchent encore 125 millions de femmes, 30 millions sont menacées

Les mutilations génitales touchent encore 125 millions de femmes, 30 millions sont menacées

22.07.2013
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L’excision et les mutilations génitales féminines (MGF) commencent à reculer dans le monde mais plus de 125 millions de femmes en sont aujourd’hui victimes et 30 millions de filles pourraient l’être encore au cours de la prochaine décennie, alerte l’UNICEF dans un rapport rendu public ce lundi, mais dont les premières tendances avaient été révélées en février à l’occasion de la journée mondiale « tolérance zéro » contre ces pratiques.

Djibouti, Égypte, Guinée, Somalie

Le fonds des Nations Unies pour l’enfance a étudié les évolutions de ces traditions dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, à partir de plus de 70 enquêtes sur 20 ans. Pour la première fois, il intègre les données recueillies sur les filles de moins de 15, permettant d’effectuer des comparaisons avec leur mère.

Les MGF sont une pratique universelle à Djibouti (93 % des femmes de 15 à 49 ans concernées), en Égypte (91 %), en Guinée (96 %), et en Somalie (98 %). Elles sont aussi très courantes en Érythrée, au Mali, en Sierra Leone et au Soudan. Mais elles dépassent les frontières nationales et s’enracinent surtout dans des groupes ethniques, souligne l’UNICEF.

Leur diminution s’observe particulièrement les pays présentant une prévalence relativement faible comme le Kenya ou la Tanzanie (prévalence respectivement de 27 et 24 %), où les mères ont trois fois plus de risques d’avoir subi des mutilations génitales que leurs filles. De même au Bénin, en Iraq, et au Nigéria, la prévalence de ces pratiques chez les adolescentes a chuté de moitié.

Mais les disparités sont grandes. Si les diminutions des MGF sont peu prononcées en Égypte, Érythrée, Guinée, ou Mauritanie, en revanche, le Burkina Faso (76 % de prévalence) et l’Éthiopie (74 %) enregistrent un fort recul.

Dans la plupart des pays, les femmes souhaitent voir ces pratiques s’arrêter, mais elles ne sont pas les seules. En Guinée, en Sierra Leone, et au Tchad, les hommes sont même plus nombreux à se prononcer contre ces mutilations. Encore une fois, la diversité prime. En Tanzanie et au Sénégal, la proportion de femmes en faveur des MGF reste stable.

Penser ethnie et groupe social

Dans ses recommandations, l’UNICEF insiste sur les différences entre les groupes de population indépendamment des frontières des pays et appelle les gouvernements à adapter leurs plans nationaux selon les territoires et les ethnies et à collaborer avec les pays voisins et la diaspora.

Parce que le motif le plus couramment avancé pour faire perdurer les MGF est le sens de l’obligation sociale, l’UNICEF incite ensuite à jouer sur les attentes des groupes sociaux, et même à soumettre ces pratiques à l’examen du grand public, pour les faire sortir de la sphère privée.

L’agence de l’organisation des nations Unies appelle enfin à améliorer l’engagement des hommes contre ces pratiques et à promouvoir le statut des filles.

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
24.07.2013 à 15h59

« Je suis étonné que les confrères ne s'inquiètent pas des souffrances infligées à ces enfants. »

Répondre
 
22.07.2013 à 20h25

« Quand on pratique une hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale, chez une femme à peine ménopausée, en lui faisant croire qu'elle a ou va avoir un cancer, alors qu'elle ne souffre d'aucune p Lire la suite

Répondre
 
23.07.2013 à 19h51

« De quelle "cause médicale évidente" est-il question ? On peut "bousiller" la vie sexuelle d'une patiente SAINE, en se lavant les mains comme Ponce Pilate, pour faire du chiffre. Même chose pour les Lire la suite

Répondre
 
23.07.2013 à 09h12

« Je ne suis pas sûre qu'on puisse comparer une excision type 3 avec une hystérectomie et ovariectomie pour une cause médicale évidente : ici on parle de mutilation sur des organes sains pour des rai Lire la suite

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