Musique en fête : cela fait aussi du bien aux fonctions cognitives

Musique en fête : cela fait aussi du bien aux fonctions cognitives

21.06.2013
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La musique, dit-on, adoucit les mœurs. Oui, mais pas seulement. La musicothérapie a de multiples applications, notamment des effets bénéfiques sur la mémoire. Des spécialistes réunis par l’Observatoire B2V des Mémoires créé par le groupe B2V afin de soutenir la recherche sur la mémoire, d’informer et de contribuer à l’émergence des moyens de prévention, ont fait le point.

La musicothérapie est une discipline assez récente en France, apparue dans les années 1980. Il s’agit d’une des composantes de l’art-thérapie qui consiste à utiliser la musique comme outil thérapeutique, pour rétablir, maintenir et améliorer la santé mentale, physique et émotionnelle d’une personne.

Selon la Haute Autorité de santé (HAS), la musicothérapie fait partie des interventions dont l’efficacité est une des mieux établies dans le traitement de certains symptômes psychologiques et comportementaux. « Cette méthode vient en complément de la prise en charge médicamenteuse », a précisé Cécilia Jourt-Pineau (musicothérapeute à l’HIA du Val-de-Grâce, à Paris). Elle peut ainsi contribuer à stimuler la mémoire et à maintenir le lien affectif et social des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La musique permet aussi aux enfants autistes de sortir de leur isolement. Elle peut aussi aider à soulager la douleur en soins palliatifs.

Les interventions doivent être réalisées par un personnel formé. « Il existe des formations sur trois ans à l’université de Montpellier, Paris-Descartes, Nantes, ainsi qu’à Dijon et Bordeaux. Cependant, le métier de musicothérapeute n’a pas encore de statut juridique et n’est pas reconnu comme métier de santé », a déploré Cécilia Jourt-Pineau.

La madeleine de Proust musicale

Un bilan psychomusical est effectué avant toute prise en charge par le musicothérapeute, des objectifs sont fixés, un parcours personnalisé est établi avec au final une évaluation de cette prise en charge.

On distingue deux approches : la musicothérapie « active » qui privilégie l’expression du patient par des techniques telles que le chant, l’improvisation instrumentale ou gestuelle et la musicothérapie réceptive qui privilégie l’écoute de la musique afin de faciliter la concentration et la mémoire. Cette approche peut aussi faire surgir des émotions enfouies (« madeleine de Proust musicale »).

La musique est un très fort stimulus émotionnel et l’émotion qu’elle véhicule est un moyen permettant de stimuler les fonctions cognitives.

Le fait de penser à une musique permet souvent d’évoquer des souvenirs clairs du passé. Le pouvoir de la musique sur la mémoire pourrait s’expliquer par le rôle essentiel de l’environnement sonore sur le développement psychique de l’homme dès sa naissance. « L’enfant est bercé par le contour mélodique de la voix de sa mère. Notre premier langage serait peut-être la musique », a souligné Cécilia Jourt-Pineau.

Grâce aux progrès des techniques d’imagerie médicale, les mécanismes entre la perception musicale et ses répercussions cérébrales sont de mieux en mieux compris. La musique sollicite des réseaux neuronaux impliquant de multiples aires cérébrales. De nombreux travaux en cours devraient permettre de mieux comprendre la relation musique-mémoire.

« Une réflexion s’impose également face à la multiplication des supports électroniques de stockage d’information musicale (ou autre), d’accès facile et rapide et qui offre des capacités inouïes d’accroissement des mémoires externes, mais qui peuvent aussi changer nos mémoires internes », a conclu le Pr Jean-Gabriel Ganascia (université Pierre-et-Marie-Curie, Paris-VI).


Et... contre le mélanome

À l’occasion de la fête de la musique, Radio France, l’Olympia, le Crédit Mutuel et plus d’une vingtaine de partenaires s’engagent aux côtés de L’institut Gustave-Roussy pour une opération «  Ensemblecontrelemelanome ». L’événement inédit – 20 heures de musique live et d’émissions en public et en direct de l’Olympia – sera l’occasion de sensibiliser le grand public aux besoins des patients atteints d’un mélanome aux côtés du Dr  Caroline Robert, chef de service de dermatologie à Gustave-Roussy, et de ses équipes.
 CHRISTINE FALLET
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
22.06.2013 à 10h00

« C'est tout à fait exact. J'en ai fait l'expérience ! Pour distraire ma mère et les autres pensionnaires de la maison de retraite, je me suis remise au piano (et aussi pour me décrasser le cerveau, Lire la suite

Répondre
 
22.06.2013 à 07h45

« Le mélomane contre le mélanome, question de sériation ! »

Répondre

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