Les centres d’investigation clinique (CIC) s’inquiètent de coupes budgétaires

Les centres d’investigation clinique (CIC) s’inquiètent de coupes budgétaires

30.04.2013
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Le bureau national des centres d’investigation clinique (CIC) tire la sonnette d’alarme. Le Pr Faiez Zannad, coordonnateur du CIC INSERM du CHU de Nancy, et Marina Cavazzana, professeur de médecine à l’université Paris-Descartes et coordinatrice du CIC de biothérapie INSERM du CHU de Necker, expriment au nom des 41 sites CIC leurs inquiétudes au sujet des coupes budgétaires décidées par la direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Les CIC, créés il y a vingt ans sous la co-tutelle du ministère de la Santé et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), bénéficient d’un budget annuel de 60 millions d’euros. Selon leur bureau national, au-delà des financements issus des missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (MERRI), les deux tiers de cette enveloppe sont levés par les médecins chercheurs qui répondent à des appels à projet, via le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), l’Agence nationale de la recherche (ANR), la commission européenne, ou les partenariats publics privés.

Seulement 20 millions d’euros sont distribués par la DGOS aux 41 CHU qui accueillent, au total, 54 CIC, avance le bureau national. « C’est cette somme très modeste que la DGOS veut encore amputer, alors qu’une politique de dotation calculée selon la performance devrait conduire à l’amplifier », se défend-il.

Concrètement, les CHU avec 2 ou 3 CIC, comme ceux de Nancy ou de Bordeaux, seraient les premiers touchés. « Il existe 4 types de CIC : Santé publique, innovations technologiques, biothérapies, et plurithématiques. Ils répondent à des besoins spécifiques. À Nancy, nous en avons 3. Mais la DGOS ne veut voir qu’une seule tête. Ce sera 40 % de budget en moins », explique le Pr Zannad.

« Nous sommes la fine fleur de la recherche clinique*. Nous sommes implantés dans les CHU, branchés sur les structures de soins, et pas seulement sur nos paillasses. Nous sommes au plus près du patient. Or tout notre travail et celui des évaluateurs de l’Agence d’évaluation de la recherche scientifique qui nous contrôlent tous les 4, 5 ans est jeté à la poubelle », poursuit le Pr Zannad.

Incompréhension

Outre les conséquences redoutées en termes financiers, scientifiques et humains, c’est la manière de la DGOS qui semble poser problème. « Elle fait fi des résultats des évaluations de l’AERES, elle nivelle la dotation des CIC sans aucune pondération selon l’activité et la valeur de chacun », écrit le bureau national des CIC.

L’instance conteste également le choix de la DGOS de s’appuyer davantage sur les centres de recherche clinique (CRC), structures beaucoup plus récentes, « dotées d’un budget égal à celui d’un CIC sans avoir le même niveau d’évaluation, d’expérience et de réussite ». « On nous propose des dotations par projet. Mais pour qu’il y ait projet, il faut une structure ! », insiste le Pr Zannad.

« Une incompréhension totale entre DGOS et CIC s’installe », écrit le bureau. Malgré l’annonce des budgets déjà faite aux CHU, une réunion est programmée entre le bureau national des CIC et la DGOS le 17 mai prochain.

* Selon les chiffres du bureau national, les CIC emploient 1 812 personnes, ont réalisé 500 protocoles entre 2008 et 2012, et ont déposé 81 brevets ces 5 dernières années.

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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