Les cellules T communiquent comme un essaim d’abeilles

Les cellules T communiquent comme un essaim d’abeilles

14.03.2013
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Les lymphocytes T se comportent comme des abeilles mellifères, en partageant les informations essentielles pour trouver les meilleures sources de miel.

Dans Nature Immunology (13 mars 2013), l’analogie entre cellules T et essaim d’abeilles, est présentée par Matthew Krummel et coll. Elle aide à se représenter le fonctionnement de ces acteurs de la réponse immunitaire cellulaire spécifique, mise en jeu dans des états pathologiques comme dans la vaccination, que sont les cellules T. Mais surtout, cela pourrait conduire la mise au point de nouveaux traitements.

« Le matin, chaque abeille part de son côté pour chercher une source de sucre. Elle revient ensuite à la ruche et fait une danse en face des autres pour indiquer la source. Ce qui aide ensuite la collectivité à la trouver », décrit Krummel.

Si les cellules T ne dansent pas, elles se réunissent de façon similaire pour échanger les informations. Et de cette manière, elles coordonnent la réponse immunitaire contre les cellules indésirables (agents pathogènes ou cellules pathologiques).

Dans le laboratoire de Kummel, on a observé qu’individuellement chaque CD4 effectue une surveillance du matériel étranger au niveau des ganglions lymphatiques. Puis elles s’agrègent au cours de ce que les chercheurs appellent « la période critique de différenciation ». Qui survient dans les toutes proches heures qui suivent la rencontre avec le matériel étranger.

Les auteurs soulignent l’intérêt de ces observations pour la compréhension du mécanisme d’action des vaccins, qui demeure obscure jusqu’à un certain point. « Nous savons qu’ils sont efficaces pendant des années après la vaccination initiale, mais nous ne savons pas pourquoi. Il semble que l’agrégation des cellules T est essentielle à cet égard. » C’est en effet au cours de la période de différenciation critique que se stocke la mémoire, qui va permettre aux cellules de reconnaître un pathogène auquel il a été exposé des années auparavant.

Leur essai sur un modèle de souris de système immunitaire humain immature conforte cette hypothèse. Lorsque l’agrégation des cellules T est bloquée, les animaux ne sont plus protégés contre une Listeria pathogène, alors qu’ils sont vaccinés. Et l’infection redevient létale.

« En cas de maladie auto-immune (diabète ou lupus), on pourrait imaginer atténuer la réponse immunitaire en bloquant la formation du stock de mémoire. »

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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