Le HCSP préconise une profonde remise à plat des traitements de la gale

Le HCSP préconise une profonde remise à plat des traitements de la gale

06.03.2013

Dans un nouvel avis actualisant ses recommandations sur « la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de gale », le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) appelle à rediscuter le traitement individuel de cette pathologie. « En l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de niveau de preuve suffisant pour recommander préférentiellement le traitement per os ou celui par voie locale ou une association des deux », indique le HCSP. En dépit d’un « faible niveau de preuve », le Haut Conseil recommande de réaliser « deux applications pour les traitements topiques ou de faire deux administrations orales pour l’ivermectine ».

Néanmoins, cette recommandation relevant à ce jour d’une prescription hors AMM, « il serait nécessaire d’effectuer une demande pour une recommandation temporaire d’utilisation » (RTU), poursuit le Haut Conseil. Un deuxième traitement apparaît en effet nécessaire dans la mesure où les divers produits utilisés par voie topique ou générale s’avèrent « très probablement inefficaces sur les œufs » de gale et « peut être les formes larvaires immatures ».

Les taux de succès cliniques en cas de traitement unique restent aléatoires, à peine plus de 60 % pour le benzoate de benzyl, traitement local de référence et entre 24 et 100 % selon les études comparatives pour l’ivermectine orale. Si la perméthrine 5 % a fait davantage ses preuves en termes d’efficacité et d’innocuité, « il n’existe pas de préparation commercialisée, ni de dossier en cours d’étude pour une AMM en France », déplore le HCSP qui recommande vivement une mise à disposition de la perméthrine topique, ainsi que le remboursement des traitements locaux. Leur non-remboursement pouvant constituer un important facteur de risque de contamination au sein des populations précaires.

Une incidence en augmentation

Avec au moins 328 cas annuels pour 100 000 habitants, l’incidence estimée de la gale en France a augmenté de l’ordre de 10 % depuis 2002, avec de nombreuses épidémies de gale rapportées en maisons de retraite, services de long et court séjour et milieu scolaire. En établissements de santé, « le nombre de signalements est passé de 8 à 69 entre 2002 et 2010 et la proportion des signalements de gale parmi l’ensemble des signalements d’infections nosocomiales répertoriées est passée de 1 à 4 % », note le HCSP qui recommande par ailleurs que les conditions du diagnostic soient précisées. Dans les formes communes, le diagnostic clinique doit reposer sur le triptyque « interrogatoire à la recherche d’un contage et/ou de cas dans l’entourage ; prurit à recrudescence nocturne ; localisations caractéristiques des lésions cutanées ». Pour les cas de gale hyperkératosique ou de gale profuse, ainsi qu’en cas d’épidémie en collectivité, « la confirmation diagnostique par prélèvement parasitologique doit être systématique », indique le HCSP qui précise par ailleurs les conditions de traitement de l’entourage, du linge, de la literie et de l’environnement du ou des personnes infectées.

 DAVID BILHAUT
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 6 Commentaires
 
09.03.2013 à 17h00

« Le problème actuellement est que l'ASCABIOL est en rupture de stock depuis plusieurs mois (que ce soit en ville ou dans les hôpitaux) que le Spregal est parfois aussi en rupture...
`donc les dermat Lire la suite

Répondre
 
08.03.2013 à 14h45

« Oui il faut rembourser APAR sans aucune ambiguïté, il faut d'aillleurs plus généralement expertiser les experts! »

Répondre
 
Nicolas H Médecin ou Interne 07.03.2013 à 08h37

« L'association local + per os reste le Gold standard mais ne dispense d'expliquer pendant 20 minutes au patient comment bien faire le traitement. Par ailleurs ne pas rembourser les traitements de gal Lire la suite

Répondre
 
09.03.2013 à 10h16

« Je ne vois pas ce que le gouvernement vient faire là dedans !!!
La gale est mieux lotie que les hemorroides pour lesquelles AUCUN traitement (soit disant de confort) n'est plus remboursé depuis des Lire la suite

Répondre
 
06.03.2013 à 23h51

« Le non remboursement de l'APAR est un véritable scandale sanitaire, cette pathologie s'étendant rapidement. Touchant majoritairement une population défavorisée, elle n'a pas les moyen de prendre en Lire la suite

Répondre
 
Nicolas H Médecin ou Interne 07.03.2013 à 15h18

« L'APAR se remplace par du simple Baygon insectes rampants. C'est le non remboursement de l'ascabiol qui pose problème. »

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Épilepsie : l'ANSM alerte sur le risque de décès liés à l'utilisation hors AMM du Prodilantin

ansm

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde les médecins des services d'urgence, de... 2

Calomniée mais confortée, l'interne Sabrina Ali Benali s'explique

Sabrina Ali Benali

Sa vidéo postée sur Facebook le 11 janvier a été vue 11 millions de fois. Un record. L’interne Sabrina Ali Benali y interpelle la ministre... 65

Primaire à gauche : pleins feux sur la santé, la protection sociale et les mutuelles !

debat

Jeudi soir, la première demi-heure du troisième débat de la primaire à gauche a montré à quel point la santé et la protection sociale sont... Commenter

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter