Inégalités de santé : l’ARS francilienne mise sur l’aménagement du territoire

Inégalités de santé : l’ARS francilienne mise sur l’aménagement du territoire

27.02.2013
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L’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a organisé ce mercredi le troisième forum de démocratie sanitaire, à Paris, afin de dégager des propositions concrètes d’amélioration de la santé des Franciliens.

« La journée d’aujourd’hui est consacrée aux enjeux de la santé et de l’aménagement du territoire, avec une question liminaire : comment agir ensemble ? », a annoncé Claude Evin, directeur de l’agence, en préambule.

Regroupant 12 millions d’habitants sur un territoire géographique restreint (dont une moitié rurale, concentrée sur la Seine-et-Marne), l’Ile-de-France connaît de fortes disparités en matière d’accès aux soins. « Un adulte sur six renonce à se faire soigner dans certaines communes », a rappelé Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional. « 50 territoires sont considérés comme des zones menacées » de désertification médicale, a-t-il ajouté. Un chiffre « choquant » pour l’élu.

Double peine

Directeur de recherche à l’Inserm (1), Pierre Chauvin estime que la perte de chance en matière d’accès aux soins ne se limite pas à l’absence de professionnels de santé dans les territoires. « L’insertion et la mixité sociale déterminent aussi les inégalités de santé », analyse-t-il.

Une étude menée par l’institut depuis 2005 auprès de 3 000 ménages sur le recours au frottis cervico-utérin (FCU) démontre que les femmes d’origine étrangère et les étudiantes, toutes choses égales par ailleurs, ont deux fois plus de risque de ne pas suivre les recommandations officielles (un examen tous les deux ans).

Si l’on ajoute la faible densité de médecins généralistes et de gynécologues, « c’est la double peine pour ces populations », estime le chercheur.

Murs anti-bruits

Les débats ont aussi porté sur les carences en santé environnementale au niveau régional, alors que l’Ile-de-France possède la plus forte densité de population et de transports du pays.

« Le bruit est la première source de stress des Franciliens, a précisé Laure Lechatellier, vice-présidente du Conseil régional. Il faut repenser la ville en terme de murs anti-bruits, de couverture du périphérique et d’isolation phonique des bâtiments ». Associé à la nuisance sonore, le temps de transport et de mobilité, trois fois supérieur à celui des autres régions, est l’autre particularité de l’Ile-de-France. « La région doit aussi se pencher sur cette problématique », a conclu l’élue.

(1) Institut national de la santé et de la recherche médicale

 A.B.-I.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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