Des gènes liés à la rechute trouvés dans la LAL de l’enfant

05.02.2013
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Des mutations liées à une récidive après traitement d’une leucémie aiguë lymphoblastique de l’enfant ont été mises au jour par une équipe de chercheurs New Yorkais. William Carroll et coll. (Children’s Oncology Group, Université de New York), se sont livrés à une traque méthodique dans le génome d’enfants souffrant de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), à la recherche d’éléments pouvant aider à améliorer le pronostic. La LAL est maintenant curable à 80 %, mais le pronostic reste extrêmement péjoratif pour 20 % des enfants.

Le groupe de chercheurs a analysé l’intégralité du transcriptome (les ARN) de 10 enfants souffrant d’une forme B de LAL (la plus fréquente). Les ARN ont été extraits de la moelle osseuse hématopoïétique à trois moments : lors du diagnostic, au cours d’une rémission, et au cours d’une rechute.

Ils observent pour chaque patient l’acquisition de mutations, entre une et six, qui modifient le code génétique au cours de la maladie. L’étude révèle 20 mutations spécifiques de rechute, qui n’avaient pas encore été impliquées dans les récidives de LAL.

Des cellules cancéreuses résistantes

« De manière surprenante, deux patients présentent une mutation portée par le même gène, NT5C2, qui code une protéine constructrice de l’ADN (mise en relation de blocs d’ADN). » Mais cette mutation par ailleurs dégrade la classe thérapeutique des analogues de purines, importante dans le traitement de la LAL.

Des mutations de NT5C2 ont ensuite été recherchées parmi 61 enfants en rechute après un traitement pour LAL, et trouvées chez 5 d’entre eux.

Ces mutations sont à l’origine de l’augmentation d’une activité enzymatique qui rend les cellules cancéreuses résistantes aux traitements destinés à provoquer leur lyse. « Les 7 patients porteurs de mutations sur NT5C2 ont tous présenté une rechute dans les 3 ans qui ont suivi le diagnostic initial. »

Les auteurs ont l’intention d’utiliser des techniques de séquençage sophistiquées pour passer au crible le génome de jeunes patients au cours du traitement et dépister d’autres éléments de résistance. On peut espérer aborder différemment les cellules devenues résistantes, ou inhiber directement l’enzyme mutante.

Nature Genetic, 3 février 2013.

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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