Salles de consommation de drogues : le silence du gouvernement inquiète les associations | Le Quotidien du Médecin

Salles de consommation de drogues : le silence du gouvernement inquiète les associations

04.02.2013
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Alors que la ministre de la Santé a initialement promis pour la fin de l’année dernière le lancement des salles de consommation de drogues, les associations impliquées dans la politique de réduction des risques s’inquiètent du silence gouvernemental. « À l’heure actuelle, les acteurs de terrain n’ont toujours pas eu connaissance des conclusions du rapport de faisabilité demandé en octobre 2012 par Marisol Touraine à la MILDT sur ce sujet », soulignent les 21 signataires d’un communiqué.

Dans le cadre de cette étude, la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie a rencontré les acteurs intéressés par la mise en place de salle de consommation à moindre risque à Paris et en région. « C’est au décours de cette étude de faisabilité désormais attendue dans le courant du premier trimestre 2013 que le Premier ministre doit donner son feu vert pour le démarrage d’une action expérimentale », explique le Dr Jean-François Corty, directeur de mission France à Médecins du monde. « Par rapport à des calendriers officieux qui avaient été évoqués, on risque de prendre du retard. Je pense que c’est très difficile d’y voir clair », confie le psychologue Jean-Pierre Couteron (Réseau Français de réduction des risques/Fédération addiction).

Trois villes en première ligne

À ce jour, trois grandes villes – Paris, Marseille, Bordeaux – ont clairement fait avancer leur projet d’expérimentation de salle de consommation de drogues à moindre risque, avec à chaque fois un net soutien des maires de droite comme de gauche. Reste qu’un feu vert gouvernemental permettrait d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle de ces expérimentations. À Paris, le projet de salle de consommation portée par l’association GAIA et Médecins du monde bloque encore sur deux points essentiels : le financement et l’attribution d’un local dans le 10e arrondissement de la capitale. « Démarcher pour trouver un local, quand on n’a pas encore l’autorisation, ça rajoute un peu plus de complexité à l’histoire. On attend aujourd’hui un feu vert du gouvernement pour avancer sur le financement », indique le Dr Élisabeth Avril, en charge du projet de salle de consommation parisienne pour l’association GAIA.

Démarrer avant les municipales

« À Paris, on travaille depuis l’été dernier à la mise en place de ce projet. On est en lien avec l’agence régionale de santé, la DGS, la mairie de Paris, la mairie du 10e. On a commencé à former des équipes, on se met en place pour pouvoir proposer une salle qui serait ouverte sept jours sur sept, 8 heures par jour », précise le Dr Corty. « La salle de consommation, il ne faut pas la voir uniquement comme le lieu où les gens s’injectent car, dans un réseau de soins, c’est un maillon qui permet de rejoindre les plus précaires. On est là pour amener les gens aux soins, pas pour les laisser dans la drogue comme certains le disent haut et fort », résume le Dr Avril. « On souhaite tous que cette expérimentation qui devra être documentée puisse démarrer avant le lancement de la campagne pour les municipales », indique-t-il.

L’injection en équipe mobile
Parallèlement au projet de salle de consommation de drogues à moindre risque sur Paris, Médecins du monde soutient un programme de recherche sur l’éducation aux risques liés à l’injection ( ERLI) réalisé en équipe mobile aux alentours de la gare du Nord. Ce projet mené avec l’ANRS et l’INSERM au sein d’un protocole assez contraignant englobe pendant deux ans une soixantaine d’usagers.
En pratique, une structure mobile médico-sociale va à la rencontre de ces personnes qui se retrouvent alors accompagnées dans leur pratique d’injection de drogues. « On travaille sur une approche comportementale pour aider les usagers de drogues à limiter leurs risques au moment de l’injection (transmission d’hépatite, contamination VIH, septicémie…) », explique le Dr Jean-François Corty.
« A terme, la salle de consommation à moindre risque va intégrer le dispositif ERLI qui n’aura plus lieu d’exister sur son espace actuel (autour de la gare du Nord) dès lors que la salle sera constituée. Ce programme ERLY continuera probablement dans des lieux excentrés de la capitale où il faudra aller au plus proche des usagers », ajoute le Dr Corty .
 DAVID BILHAUT
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 3 Commentaires
 
05.02.2013 à 22h35

« Un drogué bien portant coûte moins cher qu'un HIV+ ou autre. Et puis c'est un espoir thérapeutique que ces salles de soins. »

Répondre
 
05.02.2013 à 14h13

« Avec 3 millions de chômeurs nous avons d'autres priorités que ces conneries ! »

Répondre
 
04.02.2013 à 20h01

« Le financement bloque, tiens donc ! sans blague ! on avait oublié la crise ? »

Répondre

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