Des androgènes pour traiter la sclérose en plaques | Le Quotidien du Médecin

Des androgènes pour traiter la sclérose en plaques

31.01.2013
  • 1359650517406642_IMG_98087_HR.jpg

Bientôt de la testostérone dans la sclérose en plaques (SEP) ? Pas si surprenant quand on connaît la composante hormonale de la maladie, puisque les femmes sont deux fois plus atteintes que les hommes et qu’elles se portent mieux pendant la grossesse.

Une étude en collaboration CNRS/Université de Strasbourg-Inserm/Université Paris-Sud vient de montrer chez des souris aux fibres nerveuses démyélinisées que la testostérone et une molécule analogue de synthèse stimulent la remyélinisation en induisant la régénération des oligodendrocytes, ces cellules responsables de la production de myéline. Ces récents résultats ouvrent plusieurs pistes thérapeutiques mais aussi diagnostiques dans les maladies démyélénisantes.

Testostérone et analogue

L’équipe dirigée par le DR Said Gandhour a d’abord généré un modèle murin de SEP, en ajoutant à la nourriture des rongeurs un médicament qui séquestre le cuivre, la cuprizone. Les souris ont alors présenté une démyélinisation chronique analogue à celle observée au cours de la phase progressive de la SEP.

Les chercheurs leur ont ensuite administré de la testostérone pendant 6 à 9 semaines. « Résultat : leurs fibres nerveuses ont été à nouveau myélinisées et leurs symptômes se sont remarquablement atténués ». L’équipe a observé les mêmes effets avec un analogue de synthèse de la testostérone, le 7-alpha-méthyl-19-nortestostérone (MENT).

Cibler le récepteur aux androgènes

Plusieurs séries d’expériences ont ensuite confirmé et précisé le rôle des androgènes. D’abord, l’équipe a montré que les hormones mâles entraînaient la transformation des cellules souches neurales en oligodendrocytes et favorisaient la synthèse de myéline par les oligodendrocytes. Ensuite, le rôle pivot du récepteur aux androgènes a été confirmé en mettant en évidence que la testostérone n’avait aucun effet sur la myélinisation chez des souris dont le récepteur était muté.

Le récepteur des androgènes pourrait être ainsi une cible intéressante pour traiter des maladies démyélénisantes. Il est envisageable également d’utiliser les taux sanguins de testostérone comme biomarqueurs de la progression de la maladie.

Brain, 1er janvier 2013. Volume 136(1):132-146.

 Dr I.D.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

SexophobieL'homophobie, la phobie que les sexologues ne prennent pas en charge

Sexophobie - L'homophobie, la phobie que les sexologues ne prennent pas en charge-0

La peur du sexe, c’est grave Docteur ? Ça se soigne ? Tout au long de l’été, des médecins décryptent pour « le Quotidien » quelques phobies... Commenter

Médicaments et sérendipitéViagra, un échec comme traitement de l'angine de poitrine

viagra

Testé dans le traitement des maladies coronariennes, le sildénafil n'a pas apporté les résultats attendus. Mais les patients traités ont... Commenter

Médecin et fier de l'être« Fière tous les jours et tout le temps »

fiere

Leur engagement pour la médecine a pris tout son sens à la suite d’un évènement particulier. Ils nous racontent en quelques lignes cet... 3

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter