Pilule et médias : les gynécologues craignent un rebond de grossesses non désirées

Pilule et médias : les gynécologues craignent un rebond de grossesses non désirées

03.01.2013
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Jugeant l’expression médiatique de l’événement généré par les pilules de 3e génération, démesurée et dangereuse, le Pr Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s’inquiète des risques encourus par les patientes qui pourraient interrompre de façon inopinée leur contraception orale.

« Les prescriptions de pilules doivent être réglées en fonction de la balance bénéfices/risques », explique au « Quotidien » le Pr Bernard Hédon, président du CNGOF.

« Depuis toujours, poursuit le spécialiste, nous savons que cette prescription relève d’une attitude médicale sérieuse. L’opprobre jeté sur les pilules de 3e génération s’est étendu à celles de 2e génération. Pourtant, toute contraception ne doit pas être jetée aux orties. Nous sommes assaillis d’appels téléphoniques de nos patientes ce qui nous permet de leur répondre individuellement, mais nous craignons cependant fortement qu’un abandon inopiné de ce mode de contraception aboutisse à un nombre élevé de grossesses non désirées et, par conséquent, d’IVG. Il ne faut pas oublier que le risque de thrombose au cours d’une grossesse est plus élevé que celui lié à la prise de pilule œstroprogestative. »

Des recommandations

Le CNGOF a donc émis quelques de façon non exhaustive, quelques précisions à l’intention des médecins prescripteurs :

Suite aux études, encore récentes, faisant état d’un surrisque de thrombose veineuse avec les pilules de 3e génération comparées à celles de 2e génération, la recommandation de prescription d’une pilule de 2e génération en première intention est justifiée ; un résumé de la recommandation de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) est repris sur le site du CNGOF depuis le mois d’octobre 2012 :

- le risque individuel de thrombose se dépiste en fonction de l’histoire personnelle et familiale de la patiente et de la prise en compte des facteurs de risque individuels ( surpoids, tabagisme, sédentarité...). Il convient d’être très rigoureux sur ce plan avant toute prescription d’une contraception estroprogestative ;

- il est nécessaire d’informer la patiente de ce risque potentiel et de la nécessité de précautions particulières dans certaines circonstances (intervention chirurgicale, long voyage aérien...) ;

- le risque de révélation d’une thrombose veineuse apparaît principalement pendant les premières semaines de la prescription. Pour cette raison, et aussi en raison des autres effets secondaires potentiels de toute méthode contraceptive, il ne faut pas modifier une contraception établie depuis plusieurs mois ;

- le risque de thrombose lors d’une grossesse est deux fois supérieur à celui des estro-progestatifs contraceptifs, quels que soient la génération ou le mode d’administration de la contraception choisie (oral, vaginal, percutané) ;

- la réminiscence du «  pill scare » (panique à la pilule) de 1995 et la vague d’IVG qui s’en est suivie fait craindre que l’histoire ne se répète.

Le CNGOF a réuni depuis plusieurs mois un groupe de travail sur le sujet ; ses conclusions pourront être publiées après un processus de validation qui n’est pas encore achevé.

Pr Bernard Hédon (Montpellier). Président du CNGOF, pour le groupe de travail CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) - FCGM (Fédération des Collèges de Gynécologie Médicale) - GEHT (Groupe d’Étude sur l’Hémostase et la Thrombose).

 Dr A.T.-M.
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 6 Commentaires
 
16.01.2013 à 00h55

« Vraiment les gynecomed sont impayables !
Ils préfèrent les pilules de 3 e génération à la grossesse quand on leur dit qu'une 2e génération c'est mieux qu une troisième !
Et le frère du ministre parl Lire la suite

Répondre
 
05.01.2013 à 09h03

« Il serait intéressant que vos colonnes ouvre un dossier : " médecin aujourd'hui, les filières sans prescription" »

Répondre
 
04.01.2013 à 17h49

« Le risque thrombolique de l'IVG est celui de la grossesse, c'est à dire deux fois plus que la 3ème génération, donc la balance bénéfice risque est en faveur de la 3ème génération. »

Répondre
 
04.01.2013 à 14h24

« Est ce que le non remboursement protège de la thrombose ? »
Profession Médecin

Répondre
 
03.01.2013 à 22h37

« Je consulte tellement de jeunes femmes dont la préoccupation majeure est plus de ne pas grossir que d’éviter une grossesse malvenue...
J’ai beau leur expliquer que suivre une contraception c’est sui Lire la suite

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