Drogue en Europe : consommation d’héroïne en baisse, mais vigilance de mise

Drogue en Europe : consommation d’héroïne en baisse, mais vigilance de mise

16.11.2012
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Dans son 17e rapport annuel publié à la fin de la semaine dernière, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) souligne la baisse de la consommation notamment de l’héroïne et de cocaïne. En revanche, elle s’inquiète du retour de l’ecstasy, et de la multiplication des nouvelles drogues.

« L’Europe est confrontée à un marché des stimulants de plus en plus complexe, au sein duquel une grande variété de poudres et de comprimés sont proposés aux consommateurs », souligne l’OEDT. La cocaïne et les amphétamines sont toujours les principales substances stimulantes consommées par les Européens mais elles sont désormais concurrencées par un nombre croissant de drogues de synthèse.

Au cours des dix dernières années, la cocaïne s’est imposée comme le stimulant illicite le plus couramment consommé en Europe. Quelque 15,5 millions d’Européens âgés de 15 à 64 ans en ont consommé au cours de leur vie et près de 4 millions au cours des douze derniers mois. Toutefois, « sa popularité et son statut de drogue "prestigieuse" pourraient actuellement amorcer un déclin », note le rapport. Les consommateurs potentiels semblent être plus conscients des effets néfastes associés à l’usage de cocaïne.

Vente en ligne

En revanche, les données actuelles confirment la tendance déjà observée dans le précédent rapport selon laquelle la consommation de MSDMA, la forme la plus connue du groupe de l’« ecstasy » fait son retour. L’usage d’amphétamines (terme regroupant l’amphétamine et la méthamphétamine) reste globalement inférieur à celui de la cocaïne. La méthamphétamine, la moins consommée des deux, est en progression. « Plus de 50 nouvelles drogues ont déjà été détectées en 2012, des substances variées et parfois obscures », relève le rapport. Il s’agit du plus grand nombre de substances jamais identifiées en une année. Les cathinones de synthèse (comme la méphédrone et le MDPV) dont les effets imitent ceux de la cocaïne et les cannabinoïdes figurent parmi les principaux groupes chimiques identifiés.

L’OEDT s’alarme par ailleurs du nombre record de magasins en ligne vendant des « euphorisants légaux » : 693 en 2012 contre 170 en janvier 2012. Le kratom, la salvia et les champignons hallucinogènes dont les 3 produits naturels en tête des 10 euphorisants légaux les plus vendus en ligne, les 7 autres étant des produits de synthèse.

Concernant les drogues injectables, le rapport signale un déclin de la consommation d’héroïne, la drogue qui depuis les années 1970 est responsable de la majorité des maladies et des décès. « On observe de plus en plus que, dans certaines parties de l’Europe, l’entrée dans la consommation d’héroïne de nouveaux usagers a chuté », se réjouit le rapport.

La diminution de la consommation de drogues par injection s’accompagne d’une baisse des nouveaux cas d’infection par le VIH dans la population des usagers et ce taux de nouvelle infection « a même atteint un seuil historique, avec 2,54 nouveaux cas par million de personnes par an », se réjouit le rapport qui note qu’une meilleure réponse aux besoins a été fournie dans les pays européens pour la prévention, le traitement et la réduction des risques. Toutefois l’OEDT met en garde contre toute baisse de la vigilance : « le virus conserve un potentiel de transmission rapide au sein de certaines populations ».

VIH en Grèce

Ainsi des percées inquiétantes parmi les usagers de drogues injectables sont déjà signalées en Grèce et en Roumanie. En Grèce, le nombre de nouveaux cas diagnostiques d’infection par le VIH parmi les usagers de drogues injectables est passé de 9 à 19 par an jusqu’en 2010 à 241 cas en 2011. Ce qui fait dire au président du conseil d’administration de l’OEDT, Joao Goula : « Même en temps de crise économique, il est essentiel de maintenir des services de prévention et de santé publique d’un niveau adéquat. »

Enfin, le rapport fait un focus sur la situation dans les prisons où l’usage de drogue est bien plus fréquent que dans la population générale. Même si des progrès peuvent être notés dans l’offre de soins et de traitements en prison, « il est rare que les soins disponibles en milieu carcéral soient équivalents ou comparables à ceux prodigués au reste de la population ». Le rapport préconise aussi une amélioration de la continuité des soins au moment de la sortie de prison « c’est-à-dire au moment où les risques de décès par overdoses sont extrêmement élevés du fait d’une tolérance réduite aux opiacés ». Le rapport recommande en particulier un appui psychologique avant la sortie et la formation à la prévention des overdoses.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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