La clinique de la Roseraie à deux pas de la fermeture

La clinique de la Roseraie à deux pas de la fermeture

06.11.2012
  • 1352218680386722_IMG_93187_HR.jpeg

C’était la réunion de la dernière chance et elle a échoué. Lundi, sous l’égide de l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne, la clinique de la Roseraie de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) a tenté en vain de convaincre le centre hospitalier local de l’intérêt d’un partenariat public-privé sur la chirurgie. Pour elle, l’enjeu est grand : depuis le 31 octobre, toute activité a cessé à la suite du non-renouvellement d’autorisation de chirurgie de l’ARS.

Hélas. « À l’issue de la réunion, nous n’avons pas réussi à trouver de solution, déplore le Dr Richard Benhaïm, directeur général de la clinique. Le directoire de l’hôpital a refusé [à l’unanimité, N.D.L.R.] la proposition d’autorisation commune aux deux établissements d’exercer la chirurgie sur le site de l’hôpital, avancée par l’ARS et que nous soutenons. Par contre, ils veulent bien se nourrir de notre "dépouille" en salariant nos 30 médecins libéraux ». Selon l’ancien chirurgien digestif, un seul praticien serait tenté par l’offre.

Christian le Dorze, patron de Vitalia, groupe propriétaire de la clinique, n’est pas plus positif : « L’avenir de la Roseraie est très sombre », estime-t-il. Le groupe vient d’envoyer à l’ARS, à l’hôpital et à la ministre de la Santé une pétition avec 11 000 signatures contre la fermeture de la clinique, indique le P-DG.

Un plateau technique pour 80 000 habitants

Rejeté par l’hôpital, ce projet de partenariat est dans les cartons de l’ARS depuis près de dix ans. Avalisé par Marisol Touraine la semaine passée (en séance à l’Assemblée nationale), il prendrait la forme d’un groupement de coopération sanitaire (GCS). « On est sur un bassin de population de 80 000 habitants, ce qui n’est pas suffisant pour deux plateaux techniques, confirme Didier Jaffre, directeur de l’offre de soins de l’ARS, présent à la réunion. Nous souhaitons faire bénéficier les patients du savoir-faire et de l’expertise des médecins des deux établissements, mais si l’hôpital fait blocage, nous n’avons pas de moyens de pression suffisants pour le contraindre à changer d’avis. » L’établissement public emploie six chirurgiens : deux spécialisés en orthopédie-traumatologie, deux en chirurgie vasculaire et digestive, deux en gynécologie.

Mauvaise presse

La CME et le conseil de surveillance de l’hôpital doivent encore se réunir (respectivement le 14 et le 15 novembre) pour se prononcer pour ou contre le dépôt d’une autorisation commune d’exercice. Pour la communauté médicale, c’est niet. « On ne négociera pas avec Vitalia, un groupe en qui nous n’avons aucune confiance, assène le Dr Pascal Lefebvre, président de la CME. Avant leur arrivée, nous travaillions en bonne entente avec les médecins de la Roseraie, que nous connaissons bien. Certains venaient faire quelques heures à l’hôpital, les gardes étaient partagées. Depuis deux ans et le rachat de la clinique par Vitalia, tout a changé. Les seuls échanges se font par voix d’huissier. » Reste le conseil de surveillance, dont le député-maire (UMP) Jean-Marc Nesme est plutôt favorable au dépôt d’autorisation commune. Peu de chance toutefois que les autres membres suivent. « La CME contre, le directoire contre et le conseil de surveillance pour une autorisation forcée, vous imaginez le bazar ! » s’inquiète le Dr Lefebvre. À moins d’un miracle, la messe semble dite pour la clinique de la Roseraie.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
07.11.2012 à 08h19

« Quels sont les vrais pouvoir des ARS ? Le responsable avoue ne pas pouvoir imposer au CH public le partenariat avec le privé ? Si c'était l'inverse ? Aurait-il le pouvoir ? L'ARS a le pouvoir de fer Lire la suite

Répondre
 
06.11.2012 à 21h43

« Mais que faut-il aux décisionnaires de la santé pour se rendre compte que la soit disant sécurite de la santé à la française n'est qu'une con...rie. Notre "QUALITE" n'est qu'un outil pour fermer les Lire la suite

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Soutien de Fillon, l'ex-PDG d'Axa se défend d'avoir inspiré son programme Sécu

Henri de Castries

C'était un secret de Polichinelle : l'ancien PDG du groupe d'assurance Axa, Henri de Castries, a rendu public ce mardi son engagement clair... Commenter

Appel à témoignagesTiers payant obligatoire : ça coince ou pas, vos retours d’expérience ?

1/3

Les médecins n’ont plus le choix. L’obligation du tiers payant sur la part remboursée par la Sécurité sociale est devenue effective le 1er... 54

Avec la salle de consommation à moindre risque, « 8 000 injections n'ont pas eu lieu dans l'espace public », dit le Dr Jean-Pierre Lhomme (Gaïa)

salle shoot

Le 17 octobre 2016, s'ouvrait, dans des locaux attenants à l'hôpital Lariboisière (AP-HP), la salle parisienne de consommation à moindre... Commenter

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter