Surconsommation de psychotropes : les experts INSERM proposent un encadrement de leur délivrance

Surconsommation de psychotropes : les experts INSERM proposent un encadrement de leur délivrance

26.10.2012
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Pour lutter contre les surconsommations et pharmacodépendances dans le domaine des médicaments psychotropes, 11 experts réunis par l’INSERM prônent un renforcement de l’encadrement de la délivrance de ces produits. Dans un rapport d’expertise collective, ils suggèrent d’expérimenter « l’extension des ordonnances sécurisées à l’ensemble des médicaments psychotropes des listes I et II », de développer « un système de téléprescription entre médecin et pharmacien », de proposer « un contrat de prescription entre médecin, patient et pharmacien » et de mettre à disposition des professionnels « des données de toutes les délivrances antérieures (sur les trois derniers mois) » dans le but de « repérer et informer les patients à risque ».

Les experts recommandent par ailleurs aux professionnels de santé « d’informer les patients dès la première prescription sur les risques de pharmacodépendance et les modalités d’arrêt du traitement ». Ils suggèrent également de sensibiliser davantage le grand public aux risques liés à l’usage inapproprié de ces produits par le biais de « campagnes nationales d’information », d’« actions en milieu scolaire et universitaire » et d’une « information renforcée dans les cabinets médicaux et les pharmacies ».

Évaluation indépendante

Initiée à la demande de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), cette expertise collective de l’INSERM appelle à « reconsidérer dans son ensemble » le dispositif d’observation des consommations et pharmacodépendances des psychotropes. Ils suggèrent notamment d’ « améliorer le suivi pharmaco-épidémiologique » de ces médicaments « en les confiant à une organisation indépendante de l’industrie pharmaceutique, sous l’égide des pouvoirs publics de santé ».

Dans le domaine de la recherche, ces experts recommandent des évaluations pluridisciplinaires portant en priorité sur la prévalence de la dépendance aux psychotropes (« en particulier en population générale »), l’impact sanitaire et social du mésusage de ces médicaments chez les consommateurs de drogues, et les « conséquences neuro-développementales à long terme » d’une exposition à ces produits au cours de l’enfance, de l’adolescence et de la grossesse.

2 Français sur 10 en consomment

Dans leur rapport, les experts notent qu’environ 18 % des 18-75 ans déclarent avoir consommé au moins un psychotrope au cours de l’année (Baromètre santé 2010). Chez les usagers de drogues, 30 % indiquent avoir consommé ce type de médicament au cours du dernier mois.

En France, la prévalence de la dépendance aux psychotropes demeure « inconnue », au niveau de la population générale soulignent les experts qui rappellent que « tous les médicaments psychotropes n’entraînent pas forcément une dépendance ». D’après les données 2010 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), la France fait partie des pays européens les plus consommateurs de psychotropes, en particulier pour les hypnotiques (2e position après la Belgique) et les anxiolytiques (4e place derrière la Belgique, le Portugal et l’Espagne).

 DAVID BILHAUT
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 6 Commentaires
 
28.10.2012 à 19h58

« Non, chers confrères, grands professeurs donneurs de leçon, nous, médecins généralistes de base, nous ne sommes pas inconscients ni "tarés" comme vous semblez le croire ; venez donc un peu sur le te Lire la suite

Répondre
 
27.10.2012 à 12h56

« Il faut immédiatement demander à MM les experts INSERM de venir voir comment ça se passe dans la vraie vie ... »

Répondre
 
27.10.2012 à 12h05

« Le livre décrit les MG comme majoritairement "incompétents" face à la prescription de plusieurs classes de psychotropes ... et que fait-on des 4 voire 5 années de pharmaco obligatoires à la fac ? Il Lire la suite

Répondre
 
27.10.2012 à 10h17

« Peut on nous reprocher de soigner un mal être individuel alors que le mal être est sociétal ?
A ceux qui nous reprochent de répondre à ce mal être par la prescription de substances chimiques, je rép Lire la suite

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27.10.2012 à 09h47

« Il me semblait que la consultation et la prescription (qui n'est pas toujours nécessaire) était déjà un "contrat" éclairé et "informé" entre le praticien et le patient. Pourquoi ajouter la suspicio Lire la suite

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