Les jeunes de plus en plus touchés par les AVC

Les jeunes de plus en plus touchés par les AVC

11.10.2012
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Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ne sont pas le triste apanage de la vieillesse. Une large étude américaine, The Greater Cincinnati/Northern Kentucky Stroke Study (GCNKSS), montre dans un bassin de population de 1,3 million d’habitants que les sujets jeunes font de plus en plus d’AVC. En 10 ans, entre 1993-1994 et 2005, la proportion d’AVC tous confondus est passée dans cette catégorie d’âge de 12,9 à 18,6 %. L’âge moyen des AVC s’est ainsi un peu rajeuni, passant de 71,2 à 69,2 ans sur les mêmes périodes. Et l’incidence croissante chez les jeunes n’était pas le fait d’AVC hémorragiques mais bel et bien d’AVC ischémiques.

Les raisons de cette nouvelle tendance restent peu claires. Néanmoins, plusieurs points peuvent être relevés. L’incidence croissante ne se fait pas au profit des AVC hémorragiques, même si ce type d’accident est plus fréquent dans cette tranche d’âge. Bien au contraire, il y a eu une augmentation significative des accidents coronariens. L’apparition de facteurs de risque cardio-vasculaires de plus en plus précocement, en particulier le diabète, est pointée du doigt.

La consommation de drogues est sans doute en cause aussi, puisque le phénomène va croissant avec une augmentation de 0,6 à 5,9 % entre 1994-1995 et 2005. En 2005, 23 % des patients âgés de 20-44 ans ayant eu un AVC pour la première fois consommaient de la drogue, par rapport à 21 % chez les sujets de 45-54 ans et à 2,2 % chez les plus de 55 ans. La toxicomanie était présente dans 11 % des hémorragies intracérébrales, 15 % des hémorragies sous-arachnoïdiennes, mais seulement dans 4 % des AVC ischémiques. Reste que la prise de toxiques joue un rôle mineur dans l’augmentation totale des AVC, puisqu’elle est surtout associée aux AVC hémorragiques.

Plus probable reste l’augmentation des facteurs de risque cardio-vasculaires chez les plus jeunes, en premier lieu le diabète et l’obésité. Non seulement les médecins se soucient davantage de traiter ces facteurs de risque chez les sujets âgés, mais les plus jeunes consultent moins souvent, laissant peu de prise pour s’occuper de leur santé. Deux cibles d’intervention pourraient être d’inciter les jeunes à en prendre soin et de sensibiliser les médecins au fait d’identifier et traiter les sujets à risque.

Neurology 79, 23 octobre 2012.

Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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