Les feux d’artifice entre ciel et enfer

Les feux d’artifice entre ciel et enfer

03.10.2012
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Un nouveau type d’explosifs utilisés pour un feu d’artifice a entraîné au Royaume-Uni de sévères lésions oculaires allant jusqu’à la cécité, a déploré E. Pringle dans une lettre adressée au « BMJ ». Les accidents sont survenus dans la petite ville de Lewes, non loin de Londres. Huit patients ont été hospitalisés dont 5 pour des lésions oculaires sévères, deux étaient aveugles, et un présentait un risque de glaucome au long cours.

Les rapports de police suggèrent que ces accidents ont été créés par des explosifs détournés de leur usage habituel. Il s’agit au départ de dispositifs particuliers destinés à effrayer les cerfs : une sorte de longue mèche qui brûle et allume plusieurs petits explosifs en cascade. D’aucuns les découpent et en font de petits explosifs à part entière.

L’instance officielle britannique, le British Ophtalmic Surveillance, a rapporté une moyenne de 7,5 lésions oculaires sérieuses survenues le 5 novembre lors de « la nuit de Guy Fawkes ». Comme la France, le Royaume-Uni a mis en place une législation qui contrôle la distribution des artifices de divertissement mais ces dispositifs détournés y échappent, bien entendu.

45 000 accidents par an en Europe

En France, il n’y a pas de véritables statistiques sur le sujet, les accidents sont rapportés par le BARBI, le Bureau d’analyse des risques et pollutions industriels, chargé de rassembler et de diffuser les informations et le retour d’expérience en matière d’accidents technologiques au sein de la direction générale de la prévention des risques du ministère du Développement durable. Les accidents sont rapportés dans une lettre du BARPI rédigée par Isabelle Hubert*. Les artifices de divertissement, écrit-elle, sont aujourd’hui devenus des produits « grand public » susceptibles d’être tirés par des personnes n’ayant pas toujours conscience de leur dangerosité. Selon la Commission européenne, il se produirait dans l’Union européenne jusqu’à 45 000 accidents par an impliquant des feux d’artifices. Des indicateurs qui révèlent également un nombre élevé d’enfants blessés par des feux d’artifices défaillants ou mal utilisés.

Un accident sur deux entraîne une brûlure

La France ne dispose d’aucun élément statistique officiel en ce domaine, mais un parallèle peut être établi à titre indicatif avec la Belgique ou le Canada, deux pays aux réglementations assez comparables à celles de la France. Il apparaît alors que plus d’un accident sur deux entraîne une brûlure et que les zones principalement atteintes (brûlures ou traumatisme) sont les doigts (32 %), les bras (25 %), les yeux (15 %) et le visage (13 %). Des traumatismes auditifs sont parfois observés, certaines déflagrations évaluées à 160 décibels dépassant en effet de plus de 20 décibels le seuil maximal de douleur.

Les spectacles pyrotechniques

Enfin, des accidents plus ou moins graves se produisent chaque année lors de spectacles pyrotechniques. Ces accidents de tirs n’entrent pas dans le champ d’observation de la base de données Aria ; c’est pourquoi seule une trentaine de cas (dont 10 en France) sont recensés à titre d’exemple. Il s’agit d’incendies imputables à un artifice enflammé ou à des artifices défectueux qui « retombent » dans la foule, blessant les spectateurs ou les artificiers. Ces accidents, aux conséquences parfois dramatiques, rappellent l’importance des précautions à prendre lors de la manipulation de ces produits et notamment le respect de l’éloignement du public de la zone de tir ainsi que la prise en compte des conditions météo (vent, sécheresse…) durant les spectacles (distances de sécurité…).

D’après « BMJ », 2012 ; 345:e6579 doi:10.1136/bmj.e6579 et Artifices : le divertissement n’exclut pas le risque (Face au Risque, mai 2012)

* Le site www.aria.developpementdurable.gouv.fr met à disposition des listes d’accidents en pyrotechnie (fabrication, transport, stockage, destruction), plusieurs fiches détaillées d’accidents pyrotechniques remarquables : Pont de Buis (1975 et 2006), Beine Nauroy, Saint Sylvestre, Enschede, Kolding... ainsi que la synthèse complète sur les accidents relatifs aux artifices de divertissement dont est extrait cet article.

 Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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