Des cellules souches de mélanome sont identifiées

Des cellules souches de mélanome sont identifiées

24.08.2012
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Une équipe du Colorado montre dans la revue « Stem Cell » que les cellules de mélanomes exprimant l’enzyme ALDH se comportent comme des cellules souches tumorales.

Les cellules souches cancéreuses se caractérisent par trois propriétés : différenciation, auto-renouvellement, aptitude à créer une tumeur. Ces cellules souches résistent à la chimiothérapie et leur rôle dans les récidives de cancer est évoqué par plusieurs équipes de chercheurs.

C’est dans ce contexte qu’une équipe de la University of Colrado Cancer Center (Mayumi Fujita et coll.) montre que les cellules de mélanome qui possèdent ces propriétés sont marquées par l’enzyme ALDH. Ce qui permet d’imaginer des traitements pour cibler ces cellules riches en ALDH.

L’équipe de Fujita a transplanté à des modèles animaux des cellules de mélanome ALDH+ et ALDH -. Ce qui a permis d’observer que les cellules ALDH+ ont un potentiel tumorigène bien plus élevé que les autres. Mais si l’on réduit au silence le gène ALDH dans ces cellules ALDH+, celles-ci meurent en culture ; et, chez l’animal, elles perdent leur capacité à former des tumeurs.

En culture, cette réduction au silence du gène ALDH restaure aussi la sensibilité des cellules tumorales aux chimiothérapies existantes.

Quand les chercheurs ont analysé des cellules tumorales humaines, ils ont découvert des sous-populations distinctes de ces cellules ALDH+, représentant environ 0,1 à 0,2 % de la masse des tumeurs primitives. Lorsqu’on s’intéresse non plus aux tumeurs primitives mais aux métastases, le pourcentage de cellules ALDH+ peut atteindre 10 %.

L’acide rétinoïque

Comment l’enzyme ALDH fait-elle d’une cellule tumorale une cellule souche tumorale ? Probablement, explique Fujita, en induisant une hyperproduction d’acide rétinoïque, lequel se lie à des récepteurs nucléaires, influençant ainsi l’expression de gènes impliqués dans la survie, la réparation et la prolifération cellulaires ; phénomènes qui, ensemble, confèrent une chimiorésistance. « Notre espoir, poursuit la chercheuse, est de pouvoir intervenir dans ce signal, soit au niveau de l’ALDH soit à un autre niveau, de façon à restaurer la sensibilité des cellules à la chimiothérapie. »

 Dr E. DE V.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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