Greffe de trachée : un enfant sauvé par du tissu ensemencé de cellules souches

Greffe de trachée : un enfant sauvé par du tissu ensemencé de cellules souches

26.07.2012

À 2 ans de la greffe pour sténose congénitale de trachée, le garçon maintenant âgé de 12 ans vit normalement. La technique d’ensemencement du greffon par des cellules souches autologues mériterait d’être proposée plus largement.

Pour une procédure tentée à titre compassionnel, les résultats à 2 ans sont époustouflants. Ciaran Finn-Lynch, un jeune garçon britannique âgé de 10 ans, ayant une sténose de trachée congénitale en échec thérapeutique, s’est vu proposer en 2010 une greffe d’un type un peu spécial au Great Ormond Street Hospital (GOSH) de Londres (voir le Quotidien daté du 24/03/2010).

Le procédé n’avait jamais été tenté en pédiatrie : un greffon trachéal issu de donneur ensemencé de cellules souches médullaires autologues. « Comme le traitement de Ciaran s’est décidé en urgence, explique le Pr Martin Birchall, l’auteur senior, nous avons associé des techniques connues pour être efficaces dans d’autres situations ». Deux ans plus tard, le préadolescent respire normalement, a grandi de 11 cm et est retourné à l’école. Le tout sans traitement immunosuppresseur.

Un greffon tout nu

Le garçonnet avait été précédemment traité par des stents métalliques en acier inoxydable, qui s’étaient compliqués d’érosion aortique avec fistule aortotrachéale. Avec la survenue d’accidents hémorragiques, la greffe était devenue vitale. Pour l’armature du greffon, le choix s’est dirigé vers un tissu trachéal de donneur, dont les dimensions avaient été déterminées à l’imagerie par TDM.

L’organe, provenant d’une jeune donneuse italienne de 30 ans, a été totalement décellularisé selon un procédé enzymatique. Il ne restait plus alors que du collagène inerte et de la membrane basale. Le greffon nu pouvait ensuite être tapissé par les cellules souches médullaires du receveur.

Le receveur « bioréacteur »

C’est la première fois que des cellules souches ont été différenciées in vivo chez l’enfant. « Pour écourter les délais, explique le Pr Birchall, nous avons passé outre la procédure habituelle consistant à faire pousser les cellules en laboratoire pendant plusieurs semaines ».

Si plusieurs méthodes ont été testées avec des succès divers chez l’adulte (régénération à partir de greffon aortique, matrice bioartificielle ensemencée de cellules souches, néotrachée construite à partir de peau et de cartilage du patient), la greffe de trachée reste un défi chirurgical et l’entreprise est encore plus délicate chez l’enfant. La difficulté majeure étant que le greffon doit pouvoir grandir avec l’enfant. Les résultats prometteurs de l’équipe britannique justifient que cette nouvelle technique soit perfectionnée et puisse être proposée plus largement.

The Lancet, publié en ligne le 26 juillet 2012.

 Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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