Le HCSP trace les lignes d’une nouvelle politique de santé à l’école

Le HCSP trace les lignes d’une nouvelle politique de santé à l’école

25.07.2012
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Comment introduire la santé publique à l’école ? Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu public ce mercredi un avis de la commission Prévention, éducation et promotion de la santé qui dessine les grandes lignes d’une véritable politique de santé dans les établissements scolaires. L’objectif ? Accompagner les enfants vers l’autonomie et la responsabilité en matière de santé.

Est-ce à dire que la santé n’est jamais entrée dans l’enceinte du savoir ? Le dispositif actuel est en fait lacunaire. Reprenant les conclusions du rapport des inspections générales de l’éducation nationale (IGEN) et des affaires sociales (IGAS), le HCSP déplore une politique sanitaire mal pilotée, aux objectifs flous et incohérents. Il regrette l’absence d’évaluation des rares stratégies mises en place, le manque de clarté des missions et rôles des acteurs, et l’insuffisance des actions de promotion de la santé. Le HCSP dénonce enfin la lâcheté des liens entre l’école et l’environnement ainsi que les difficultés du dispositif de médecine scolaire, déjà épinglées par la Cour des comptes en octobre 2011.

Un nouveau texte

Le HCSP demande noir sur blanc la rédaction d’un texte de politique de santé scolaire, qui remette à plat principes et stratégies. S’inspirant de travaux internationaux, l’avis dessine de premières lignes de forces. Pour introduire la santé à l’école, il préconise l’implication volontaire des différents acteurs, à commencer par des enseignants qu’il faudrait former, et l’établissement d’un environnement favorable. Les actions ponctuelles seraient vouées à l’échec si l’école ne resserre pas ses liens avec famille et territoires.

Concrètement, l’avis dresse une série de 7 mesures qu’un texte de santé scolaire devrait intégrer. Cette nouvelle politique devrait d’abord clarifier les missions de l’école en matière de santé, selon 3 axes : la protection (établir un climat favorable aux enfants), la prévention et l’éducation. Un curriculum définissant les compétences que les enfants doivent acquérir selon leur niveau scolaire pourrait être créé.

La nouvelle donne devrait aussi articuler la dimension régionale de la santé à l’école avec les politiques nationales de l’enfance et l’adolescence et inciter les établissements scolaires à passer des contrats avec les acteurs locaux.

Les médecins mieux reconnus au cœur du dispositif

S’il revient aux établissements de mettre en œuvre la politique de santé, ils doivent être accompagnés : l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) aurait un rôle stratégique pour fournir des outils aux équipes. La création d’un réseau « écoles, collèges et lycées en santé » à l’échelle nationale pourrait fixer un cahier des charges et attribuer aux établissements qui le remplissent un label, ouvrant les portes vers l’international via le réseau School for health in Europe.

Enfin, médecins et infirmiers de l’Éducation nationale devraient être davantage reconnus comme les piliers de la santé à l’école. Pas question pour autant que tout l’effort repose sur eux : l’ensemble des acteurs devraient partager une culture commune délivrée qui, à l’école supérieure de l’éducation, qui à l’université, qui à l’école des hautes études en santé publique. Et ces missions et leurs résultats seraient évalués par un observatoire de la santé en milieu scolaire.

Un petit pas sur le chemin d’une meilleure reconnaissance de la médecine scolaire vient d’être accompli par le nouveau gouvernement : 2 décrets parus le 20 juillet revalorisent la médecine scolaire en lui attribuant, en début de carrière, un indice équivalent à celui de médecin de santé publique et en facilitant un déroulement de carrière. « C’est un geste fort envers les médecins (...) et un signe envers les jeunes qui pourront compter sur une meilleure évolution de carrière, une prise en compte plus adaptée de leurs compétences et de leurs responsabilités », estime le syndicat majoritaire des médecins de l’Éducation nationale (SNMU-UNSA). Et de rappeler qu’une réorganisation de la médecine scolaire dans sa totalité est « encore à assurer ».

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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