Amibiase : un traitement qui vaut de l’or | Le Quotidien du Médecin

Amibiase : un traitement qui vaut de l’or

21.05.2012
  • 1337608957350464_IMG_84200_HR.jpg

Des Californiens ont découvert qu’un sel d’or oral déjà approuvé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, est très efficace contre l’amibe Entamoeba histolytica, tant in vitro que dans deux modèles animaux.

Entamoeba histolytica, un parasite protozoaire intestinal, est responsable de dysenterie amibienne et d’abcès du foie. Chaque année, 50 millions de personnes contractent l’amibiase par travers l’eau ou des aliments contaminés et plus de 70 000 personnes en meurent, principalement dans les pays tropicaux.

Le traitement repose essentiellement sur le métronidazole, mais la résistance potentielle d’E. histolytica à cet antibiotique est une préoccupation grandissante.

Afin d’identifier de nouveaux agents contre ce parasite, Debnath et coll. ont réalisé un criblage à haut débit d’une librairie de 910 composés bioactifs, dont certains approuvés par la FDA.

Ce criblage a permis d’identifier 11 composés inhibant la croissance d’E. histolytica. Parmi ceux-ci, l’auranofin possède l’activité amœbicide la plus élevée, dix fois supérieure à celle du métronidazole.

L’auranofin est un sel d’or oral approuvé par la FDA et utilisé depuis vingt-cinq ans pour traiter la polyarthrite rhumatoïde.

Les chercheurs ont évalué l’efficacité de l’auranofin dans un modèle murin de colite amibienne. Vingt-quatre heures après l’infection, un traitement oral pendant sept jours d’auranofin a été comparé à une dose équivalente de métronidazole ; la charge parasitaire et la réponse inflammatoire de l’hôte sont significativement diminuées par l’auranofin, mais pas par le métronidazole.

Lorsque le traitement (pendant sept jours) est commencé quatre jours après l’infection chez le hamster modèle d’abcès du foie amibien, l’auranofin est également plus efficace qu’une même dose de métronidazole pour diminuer les lésions hépatiques.

L’auranofin semble agir en ciblant la thiorédoxine réductase d’E. histolytica, l’enzyme qui protège les amibes de la destruction par les radicaux libres.

« Ces résultats suggèrent que l’auranofin pourrait représenter une nouvelle classe médicamenteuse pour traiter l’amibiase et peut-être d’autres infections parasitaires », concluent les chercheurs.

L’équipe espère débuter bientôt des études cliniques pour évaluer l’auranofin dans le traitement de l’amibiase et de la giardiase.

Debnath et coll. Nature Medicine, 20 mai 2012.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

SexophobieL'homophobie, la phobie que les sexologues ne prennent pas en charge

Sexophobie - L'homophobie, la phobie que les sexologues ne prennent pas en charge-0

La peur du sexe, c’est grave Docteur ? Ça se soigne ? Tout au long de l’été, des médecins décryptent pour « le Quotidien » quelques phobies... Commenter

Médicaments et sérendipitéViagra, un échec comme traitement de l'angine de poitrine

viagra

Testé dans le traitement des maladies coronariennes, le sildénafil n'a pas apporté les résultats attendus. Mais les patients traités ont... Commenter

Médecin et fier de l'être« Fière tous les jours et tout le temps »

fiere

Leur engagement pour la médecine a pris tout son sens à la suite d’un évènement particulier. Ils nous racontent en quelques lignes cet... 1

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter