Dosage des PSA : l’AFU défend ses positions

Dosage des PSA : l’AFU défend ses positions

16.03.2012
Suite à la publication des derniers résultats de l’ERSPC, l’Association française d’urologie (AFU) saisit l’occasion pour réexprimer ses positions concernant le dépistage du cancer de la prostate à l’aide du dosage des PSA.

LE DÉPISTAGE systématique réduit la mortalité par cancer... mais pas la mortalité toute cause. Ce sont en substance les résultats de l’ERSPC (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer), une vaste étude européenne à laquelle ont participé deux équipes françaises (CHU de Lille et clinique de Montpellier), qui confirment avec deux ans de suivi supplémentaire par rapport à leur dernière publication l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate. Il n’en fallait pas plus à l’AFU pour saisir l’opportunité de défendre ses positions un peu malmenées par la HAS. L’organisme d’expertise scientifique n’avait pas jugé opportun au vu des premiers résultats de l’ERSPC en 2010 de réévaluer l’intérêt d’un programme de dépistage systématique.

Si les tout derniers chiffres de l’étude sont très favorables, l’AFU accorde qu’ils « ne permettent pas aujourd’hui de se prononcer définitivement en faveur du dépistage de masse ». Chez des hommes européens âgés de 55 à 69 ans suivis près de onze ans, le dosage des PSA a ainsi permis de faire baisser la mortalité par cancer de 21 %, voire de 29 % après ajustement sur la compliance, c’est-à-dire pour les hommes ayant effectivement réalisé le dépistage. Curieusement, le dépistage de masse n’a eu aucun effet en revanche sur la mortalité toute cause. La société savante réaffirme ainsi ses recommandations sur le dépistage individuel à partir de 45 ans chez les hommes à haut risque.

Mais, au-delà du dépistage systématique ou individuel, l’AFU souhaite reformuler la problématique, estimant que « la question est de savoir comment identifier ces cancers de faible volume, peu agressifs, pour éviter soit de les diagnostiquer inutilement (le " surdiagnostic ") soit de les traiter abusivement (le " surtraitement ") ». À cet effet, la société savante souhaite ainsi préciser que, lorsque le PSA est ‹ 4 ng/ml, le risque de cancer est très faible et les biopsies ne sont pas indiquées, sauf anomalies au toucher rectal. Lorsque le PSA est› 4 ng/ml, un prélèvement prostatique peut être proposé. En cas de diagnostic d’un cancer de faible volume et peu agressif, l’AFU recommande de ne pas traiter et d’opter pour une « surveillance active », consistant en un dosage des PSA tous les six mois et la réalisation d’une nouvelle biopsie à un an. En cas d’augmentation du PSA, du volume ou du grade du cancer sur les biopsies, un traitement curatif est proposé.

N Engl J Med 2012;336:981-90.

 Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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