Des Français montrent comment le cannabis brouille les idées

Des Français montrent comment le cannabis brouille les idées

02.03.2012
La mémoire de travail sert à réaliser les tâches cognitives courantes (réfléchir, lire, écrire, calculer…) en travaillant avec des informations stockées temporairement. On observe que l’intoxication aux cannabinoïdes altère cette mémoire particulière.
  • 1330707629329205_IMG_78806_HR.jpg

Les récepteurs aux cannabinoïdes sont exprimés sur les cellules gliales de l’hippocampe, une structure cérébrale qui coordonne les processus d’intégration des informations sonores, visuelles, spatiale, nécessaires à la mémoire de travail, expliquent Giovanni Marsicano (INSERM, Bordeaux) et coll., des chercheurs qui ont découvert un mécanisme d’action des cannabinoïdes.

La liaison des cannabinoïdes aux récepteurs réduit la force des connexions entre les neurones au niveau de l’hippocampe.

L’équipe de recherche s’est intéressée au récepteur CB1, présent à la fois sur la membrane des neurones et sur la membrane des cellules dites « astrogliales » de l’hippocampe.

Ils montrent que la liaison des cannabinoïdes aux récepteurs CB1 active l’envoi de signaux aux récepteurs à glutamate des terminaisons nerveuses, qui permettent la circulation de l’information de neurone en neurone. Le cannabinoïde induit une dépression du signal, de nature à perturber la mémoire de travail.

Les observations ont été réalisées en administrant des cannabinoïdes à deux groupes de souris, chez lesquelles les récepteurs de CB1 ont été supprimés, respectivement sur les cellules astrogliales ou les neurones. Le THC (tétrahydrocannabinol) donné aux souris où le CB1 manque uniquement sur les neurones, induit des déficits de mémoire de travail spatial. À l’inverse, lorsque seuls les récepteurs CB1 des cellules astrogliales sont supprimés, les performances de mémoire de travail spatial sont préservées.

« Ces résultats montrent de façon surprenante, in vitro et in vivo, l’importance de l’activation des récepteurs CB1 des cellules astrogliales, et non ceux des neurones, dans la médiation des effets des cannabinoïdes sur la mémoire de travail », expliquent Giovanni Marsicano et coll.

« La description des mécanismes d’action spécifiques des cannabinoïdes au niveau de l’hippocampe permettra d’optimiser leur potentiel d’utilisation thérapeutique, aujourd’hui limité par d’importants effets indésirables », estiment les chercheurs.

« Cell », 2 mars 2012.

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Temps de travail non respecté : les internes de Marseille mettent en demeure l'AP-HM

aphm

Le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Marseille (SAIHM) a sommé, ce lundi 16 janvier, l'Assistance publique-Hôpitaux de... 4

Légalisation du cannabis : non pour Valls et Montebourg, oui pour les autres candidats à la primaire à gauche

cannabis

Les sept candidats à la primaire de la gauche ont exprimé leurs diverses positions au sujet du cannabis lors du deuxième débat télévisé, le... 1

Appel à témoignagesTiers payant obligatoire : ça coince ou pas, vos retours d’expérience ?

1/3

Les médecins n’ont plus le choix. L’obligation du tiers payant sur la part remboursée par la Sécurité sociale est devenue effective le 1er... 36

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter