Polémique sur les dépassements d’honoraires à l’hôpital

Polémique sur les dépassements d’honoraires à l’hôpital

23.02.2012
L’activité libérale des praticiens hospitaliers fait la Une du « Parisien » et de 60 millions de consommateurs ce jeudi, qui révèlent des chiffres inédits sur les dépassements excessifs.
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Sur les 45 000 praticiens du public, 4 524 exerçaient une activité libérale en 2010. Parmi ces derniers, 1 824 ont opté pour le secteur 2. Parfois, certains fixent leurs honoraires de façon abusive. Sur la quarantaine d’actes renseignés, « 60 millions de consommateurs » calcule que le dépassement moyen oscille entre 68 et 408 % du tarif conventionnel. Une prothèse de hanche, remboursée par la sécurité sociale à hauteur de 460 euros, peut être facturée jusqu’à 5 000 euros à Paris. Une opération de la cataracte, remboursée 272 euros, peut coûter entre 567 euros au CHU de Toulouse, et 1 490 euros à l’Hôtel-Dieu à Paris. Ces prix dépassent ceux des cliniques privées (entre 511 et 777 euros pour la cataracte) et peuvent garantir aux médecins un surplus de 70 000 euros par an de leur rémunération, indique 60 millions de consommateurs.

Les syndicats de praticiens hospitaliers calment le jeu, en rappelant que l’activité libérale est cantonnée à 20 % du temps des PH. « Ces abus concernent uniquement les grands hôpitaux, Paris, Lyon, Marseille, et seuls 5 % des PH ne respectent pas le tact et la mesure », souligne la présidente de l’Intersyndicat de praticiens hospitaliers (INPH), le Dr Rachel Bocher, qui regrette que ces pratiques « jettent le discrédit sur l’ensemble des hospitaliers ».

L’Assurance-Maladie entend serrer la vis. Selon le directeur de la CNAM, Frédéric van Roekeghem, interrogé par le Parisien, « le taux moyen (des dépassements relevés) est de 81 % du tarif sécurité sociale pour les praticiens hospitaliers et 61 % pour les médecins libéraux ». L’Assurance-Maladie a déjà écrit à 249 médecins libéraux et 28 praticiens hospitaliers qui ne respectent pas « le tact et la mesure ». Son directeur juge le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) « trop passif ». Il revendique « la possibilité de déconventionner temporairement ces médecins sur leur activité libérale ».

L’Ordre ne l’entend pas de cette oreille. Le CNOM accuse M. van Roeckeghem de « bloquer toutes les informations » ainsi que l’installation de commissions paritaires départementales entre conseils départementaux et caisses primaires d’assurance-maladie, destinées à combattre les dépassements de tarifs.

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
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