Forfait contraception : le Pr Nisand veut convaincre Xavier Bertrand

Forfait contraception : le Pr Nisand veut convaincre Xavier Bertrand

16.02.2012
En remettant son rapport à Jeannette Bougrab, secrétaire d’État à la Jeunesse et la Vie associative, le Pr Israël Nisand a insisté sur les 60 000 IVG évitables, concernant plus de 13 000 mineurs chaque année. Parmi les 18 propositions dévoilées dans ce rapport, le gynéco-obstétricien souhaite l’adoption d’un forfait contraception jusqu’à 18 ans.
  • 1329417104324963_IMG_77720_HR.jpg

En abordant sous un angle médical, social, psychanalytique et éducatif la délicate question de la sexualité des jeunes, le rapport co-signé par Brigitte Letombe, gynécologue, la psychanalyste Sophie Marinopoulos et le Pr Nisand, responsable du pôle de gynécologie obstétrique du CHU de Strasbourg, dénonce l’explosion des grossesses non désirées en particulier chez les jeunes. Les auteurs entendent s’attaquer à une exception française paradoxale : la pilule du lendemain et l’IVG restent encore aujourd’hui les seules solutions gratuites et anonymes. La contraception en dehors des centres de planning familial demeure payante et nécessite une autorisation parentale.

« La Hollande, les Pays-Bas et la Suisse ne connaissent pas ce problème, alors que chez nous le nombre d’IVG chez les moins de 25 ans a doublé en 20 ans », souligne le Pr Nisand. Toutes ces IVG ne sont pas évitables. Environ un tiers concernent des jeunes femmes qui ont par ailleurs une conduite à risque mais comment faire pour les autres ? « Nous devons venir en aide à ces jeunes qui souhaitent avoir des relations sexuelles sans que les parents ne soient au courant, alors que dans notre pays 4 femmes sur cinq habitent à plus de 100 km d’un centre de planning familial. » Le Pr Nisand affirme qu’aujourd’hui l’action doit reposer sur tous les médecins, y compris les généralistes, mais aussi les sages femmes, infirmiers et pharmaciens qui devraient être rémunérés pour intervenir dans les écoles pour parler d’éducation sexuelle aux enfants dès l’école primaire. Seuls des réseaux locaux pluridisciplinaires formés à l’orthogénie permettraient cette prévention à grande échelle voulue par Jeannette Bougrab qui déplore la non-application de la loi du 4 juillet 2001 et d’une circulaire du 17 février 2003 qui font pourtant de l’éducation à la sexualité une obligation légale tout au long de l’enseignement primaire et secondaire à raison d’au moins trois séances par an et par niveau. « En baissant les bras, nous livrons l’éducation sexuelle de nos enfants à la pornographie. La consommation addictive de films observée chez les garçons d’une dizaine d’années dégrade l’image qu’ils ont des femmes, ils vont mal et auront d’immenses difficultés à se construire », lance le Pr Nisand.

Un appel à Xavier Bertrand.

Au moment où les pilules qui sont sur le marché depuis plus de 40 ans viennent de bénéficier d’une baisse des prix, le Pr Nisand réclame haut et fort que les contraceptions les plus innovantes, les plus modernes et les meilleurs soient accessibles à toutes. Un forfait contraception qui permettrait aux jeunes de ne rien débourser jusqu’à 18 ans lui semblerait déjà un grand pas, même si les patchs et les anneaux mériteraient eux aussi un remboursement. « Xavier Bertrand ne veut rien entendre sur cette question pourtant, la prise en charge d’une pilule qui revient à 80 € par an me semble une bonne solution par rapport aux 60 000 IVG évitables avant 25 ans qui coûtent – ni plus ni moins – 30 millions d’euros à la société chaque année », conclut-il. Le professeur Anne Gompel, responsable de l’unité de gynécologie médicale et endocrinienne à l’Hôtel-Dieu à l’AP-HP, surenchérit : « L’industrie pharmaceutique doit aussi faire des efforts sur les prix, car il s’agit tout de même de molécules qui ne coûtent pas cher à produire. » La secrétaire d’État à la Jeunesse et la Vie associative prend la balle au bond et promet de tout faire pour convaincre.

 LAURENCE MAUDUIT
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
20.02.2012 à 18h17

« 12 650 filles âgées de 15 à 17 ans et 850 de moins de 15 ans ont eu recours à une IVG en 2007. Parmi elles, 30 % déclaraient ne pas avoir utilisé de contraception dans le mois de survenue de la gros Lire la suite

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Des réquisitions qui provoquent l'exaspérationDes généralistes de l'Aude ferment leur cabinet aujourd'hui Abonné

En grève des gardes depuis le 1 er janvier, des médecins généralistes de l'Aude fermeront leur cabinet pour protester contre les... Commenter

L’Allemagne autorise la prescription et le remboursement du cannabis à des fins médicales

cannabis

Les députés allemands ont donné leur feu vert, ce jeudi, à la prescription médicale du cannabis, mais aussi à sa délivrance en pharmacie et... Commenter

Primaire à gauche : le comparatif des programmes

Primaire à gauche : le comparatif des programmes-0

Liberté d'installation, secteur II, déserts médicaux, santé publique, politique hospitalière...  « Le Quotidien » a décortiqué les... 1

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter