Le lysozyme piégé en train de croquer une bactérie

Le lysozyme piégé en train de croquer une bactérie

23.01.2012
En attachant un nanotransistor à une protéine antiseptique présente dans nos larmes, le lysozyme, des Californiens ont pu surveiller ses mouvements pendant des périodes de dix minutes et découvrir exactement comment il détruit les bactéries.
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Depuis la découverte par Alexander Fleming que les larmes humaines contiennent une protéine antibactérienne, qu’il nomma lysozyme en 1922, les chercheurs ont essayé de comprendre comment cette enzyme pouvait lyser les bactéries.

Il s’avère que ces enzymes ont des « mâchoires » qui s’accrochent et dévorent les rangées des parois cellulaires, telle une personne dévorant un épis de mais, selon une étude publiée dans la revue « Science ». « Ces mâchoires broient les parois des bactéries qui ne cherchent qu’à pénétrer dans les yeux pour les infecter », déclare dans un communiqué le Pr Gregory Weiss, chercheur en biologie moléculaire, biochimie et chimie a l’université d’Irvine, en Californie.

L’un des plus petits transistors du monde.

Choi et coll. ont décodé le comportement de la protéine en construisant l’un des plus petits transistors du monde, 25 fois plus petit que des circuits électroniques similaires trouvés dans les ordinateurs portables ou les smartphones. Ce transistor à effet de champ (FET), un nanotube de carbone, a été attaché à une molécule lysozyme, ce qui a permis de surveiller les mouvements de la protéine sur des périodes de 10 minutes, ce qui est bien plus long que ne le permettent les techniques de fluorescence. En moyenne, une centaine de liaisons chimiques sont progressivement hydrolysées, à des fréquences de 15 hertz, avant que le lysozyme ne revienne à un état de repos, dans une conformation de mâchoire fermée, soumise a des mouvements rapides (330 hertz).

Il aura fallu plusieurs années aux chercheurs pour assembler le transistor et l’attacher à la molécule lysozyme, trouvée dans les larmes, la salive, le mucus nasal et d’autres sécrétions.

Les chercheurs espèrent que cette nanotechnologie pourrait être utilisée un jour pour détecter des molécules cancéreuses.

Choi et coll. « Science » 20 janvier 2012.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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