Le potentiel d’une enzyme dans la réaction du greffon contre l’hôte

Le potentiel d’une enzyme dans la réaction du greffon contre l’hôte

18.01.2012
L’alpha-1-antitrypsine, une enzyme naturelle dérivée du plasma sanguin, apparaît posséder un potentiel insoupçonné jusque-là dans la maladie du greffon contre l’hôte (MGH). Pavan Reddy et coll. (Université du Michigan) publient une étude sur un modèle murin de greffe de moelle allogénique.
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Les recherches ont montré que les cellules T du donneur et les cellules présentatrices des antigènes du receveur (cellules dendritiques), s’associant à différentes cytokines pro-inflammatoires, concourent au déclenchement de la MGH et contribuent à sa gravité. Par ailleurs, des indices s’accumulent pour indiquer que l’alpha-1 antitrypsine (AAT) humaine dérivée du sérum humain réduit la production des cytokines pro-inflammatoires, induit des cytokines anti-inflammatoires et interfère avec la maturation des cellules dendritiques.

L’équipe de P. Reddy s’est appuyée sur ces notions pour étudier expérimentalement l’AAT. Sur un modèle murin habituel de transplantation de moelle allogénique, ils ont testé l’effet de l’enzyme tant au niveau du déclenchement de la MGH que de sa sévérité.

Comparativement à des souris témoins, l’administration de l’AAT précocement après la survenue de la MGH diminue la mortalité due à la réaction du greffon contre l’hôte sur les modèles étudiés. Une réduction du taux des cytokines pro-inflammatoires du sérum est observée, ainsi qu’une diminution des cellules T effectrices (inflammatoires), présentes dans la MGH. L’AAT augmente aussi les cellules T régulatrices qui interviennent positivement dans la réponse immunitaire.

« C’est probablement l’équilibre défavorable entre cellules T régulatrices et cellules T effectrices qui aboutit à la MGH. L’AAT a fait pencher la balance en faveur d’un équilibre plus favorable », commentent les auteurs.

L’AAT est déjà utilisée en clinique, pour le traitement des patients souffrant d’un défaut génétique en alpha-1-antitrypsine. Les observateurs notent qu’il n’y a pas d’augmentation de la susceptibilité aux infections, ce qui est élément clef en matière du traitement de la MGH. En effet, les options thérapeutiques qui existent actuellement reposent sur une suppression immunitaire, ce qui est à risque d’augmentation des infections. C’est d’ailleurs ce risque infectieux qui rend la procédure de greffe de moelle allogénique aussi risquée, alors que ce traitement permet de sauver des vies de patients souffrant de leucémies, de lymphomes ou de certaines maladies hématologiques.

Proc Natl Acad Sci USA, 17 janvier 2012 (vol. 109, n° 2).

 Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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