Soins funéraires et VIH : les autorités estiment qu’une autorisation est possible

Soins funéraires et VIH : les autorités estiment qu’une autorisation est possible

11.01.2012
À l’issue de la réunion organisée à la demande des associations de lutte contre le VIH et du Conseil national du sida, la Direction générale de la santé a, dans un communiqué, indiqué « qu’il était possible d’autoriser des actes de conservation invasive des corps chez des personnes atteintes de certaines pathologies infectieuses, dont le VIH et les hépatites, dès lors que les conditions adéquates de pratique de la thanatopraxie auront été définies ».
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La réunion a « permis de souligner l’importance d’encadrer les pratiques invasives de soins de conservation de corps en développant des règles d’hygiène et de précaution universelles », explique la DGS qui, à cet effet, et en association avec le ministère de l’Intérieur, installera un groupe de travail avec les professionnels.

Lors de cette rencontre, étaient présents les représentants des associations de lutte contre le VIH, des associations de lutte contre les hépatites, du Conseil national du sida, des médecins légistes, des thanatopracteurs, du Conseil national des opérations funéraires (CNOF), des experts du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et des représentants du ministère chargé de l’Intérieur (DGCL) et de la Direction générale du travail.

Les différentes parties ont ainsi pu échanger sur le projet d’arrêté ministériel fixant les listes des infections transmissibles qui interdisent la réalisation de certaines opérations funéraires, projet qui s’appuie sur un avis du HCSP de novembre 2009. Lors de cette rencontre, le HCSP a précisé sa position : « Dans un contexte où le risque d’accidents d’exposition liée au sang et aux liquides biologiques n’est pas négligeable (drainage veineux, évacuation des liquides et des gaz), la thanatopraxie, contrairement à des pratiques réalisées en milieu médical, ne permet pas aujourd’hui de respecter les règles d’hygiène universelles », a-t-il indiqué. Des disparités sur les méthodes de travail et les précautions mises en place sont observées en fonction des lieux d’intervention (port de masques et gants, lavabo réservé aux opérations funéraires…). De même, l’existence d’une salle dévolue aux soins n’est pas généralisée, près d’un tiers des soins de conservation étant réalisés à domicile.

Demande des familles et sécurité.

Les soins de conservation du corps qui, contrairement aux soins esthétiques mortuaires de restauration et de maquillage pour lesquels aucune interdiction ne s’applique, sont des actes potentiellement à risque qui ne peuvent être pratiqués que par des thanatopracteurs. Selon la DGS, il s’agit « de répondre aux demandes de certaines familles concernant les soins de conservation invasive des corps des défunts tout en garantissant la sécurité » des professionnels et de l’entourage de la personne décédée. « Une réflexion sur l’information et le consentement des familles quant à la nature de ces actes est d’ailleurs apparue essentielle », poursuit la DGS.

Les associations ACT UP, AIDES, Élus locaux contre le sida, UNALS, Sidaction, SOS hépatites, qui, avant même la fin de la rencontre, avaient claqué la porte du ministère, soulignent leur incompréhension : « Organisée sans concertation, sans ordre du jour, la réunion a été présentée comme une nouvelle discussion technique. Pourtant, tous les éléments nécessaires à une prise position politique sont réunis depuis plusieurs années en faveur de la fin de l’interdiction des soins funéraires, notamment dans les avis du Conseil national du sida », ont-elles indiqué dans un communiqué.Ce qu’elles veulent, la levée immédiate d’une interdiction qu’elles jugent « discriminante et infondée ».

Le Conseil national du sida note avec satisfaction l’évolution des pouvoirs publics qui admettent le principe des soins de conservation sur les personnes décédées quelle que soit la pathologie, y compris en cas d’infection par le VIH et se félicitent de l’engagement pris pour garantir et renforcer les précautions universelles.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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