Ajouter des antiépileptiques pour limiter les morts subites

Ajouter des antiépileptiques pour limiter les morts subites

21.09.2011
Jusqu’à présent, aucune prévention de la mort subite au cours de l’épilepsie (MSE) n’avait fait ses preuves. Une solution vient d’être suggérée par trois chercheurs lyonnais, Philippe Ryvlin, Michel Cucherat et Sylvain Rheims, en vérifiant une hypothèse qu’ils ont formulée. Chez des patients atteints de crises comitiales réfractaires au traitement, l’adjonction d’antiépileptiques à doses efficaces réduit le risque de mort subite.
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Ces MSE surviennent le plus souvent en l’absence de témoins au cours du sommeil, mais sont habituellement attribuées à des crises comitiales, par des mécanismes mal connus. Des facteurs de risque ayant été identifiés, leur prévention pourrait agir de façon positive sur le taux de décès. Au nombre de ces facteurs se trouve un traitement optimal. Ce qui a fourni l’idée aux Français d’utiliser le principe de la métaanalyse d’essais contrôlés contre placebo pour le vérifier. De plus, comme les MSE surviennent rarement au cours des essais, l’accumulation de données fournie par la métaanalyse augmente la puissance statistique de leur calcul.

Ce sont donc 112 essais randomisés, menés de 1960 à 2010, qui ont été passés au crible. Ils portaient sur l’adjonction d’un traitement antiépileptique chez des patients porteurs d’une épilepsie résistante. Au total, 33 décès ont été relevés, dont 20 de façon subite. Parmi eux, 18 étaient considérés comme une MSE certaine ou probable, les deux autres comme possibles. Les MSE certaines ou probables, toutes les MSE et les décès toutes causes étaient significativement plus bas dans le groupe sous traitement additionnel que dans celui sous placebo. Les odds ratios respectifs sont établis à 0,17 ; 0,17 et 0,37. Rapportés à 1 000 personnes-années les cas certains ou probables sont estimés à 0,9 sous traitement complémentaire et à 6,9 sous placebo.

Cette diminution des décès serait attribuée à un traitement complémentaire bien conduit. L’objectif serait donc d’agir sur le nombre de crises pour réduire, par ricochet, celui des MSE.

Rejoignant les conclusions de Lyonnais, deux neurologues de Stockholm, dans un éditorial, ajoutent que, contrairement à un courant de pensée, la polythérapie ne majore pas le risque de MSE.

« Lancet Neurology », publié en ligne, DOI:10.106/S1474-4422(11)70193-4.

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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