Mortalité accrue chez les parents qui ont perdu un petit enfant

Mortalité accrue chez les parents qui ont perdu un petit enfant

08.09.2011
Le décès d’un bébé dès la naissance ou pendant la première année de vie est associé à une mortalité accrue chez les parents dans les quinze, voire les vingt-cinq années qui suivent. Chez les mères, le risque est multiplié par 4.
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Des Britanniques ont cherché à savoir si la perte d’un enfant pendant la première année de vie (y compris les enfants mort-nés) est associée à une mortalité accrue des parents. Leur travail a comporté deux parties :

– partie 1 : mortalité des parents (pères et mères confondus) en Écosse pendant la période 1991-2006 ;

– partie 2 : mortalité des mères en Angleterre et au Pays de Galles sur la période 1971-2006.

Les résultats sont les suivants :

– les parents écossais en deuil (n = 738) étaient deux fois plus à risque de mourir dans les quinze années suivant la perte de leur enfant ;

– les mères anglaises et galloises (n = 481) étaient quatre fois plus à risque de mourir dans les quinze ans ;

– vingt-cinq ans après la perte de l’enfant, le risque de mortalité des mères était encore de 1,5 fois plus élevé ;

– au bout de trente-cinq ans, les mères avaient un risque décès accru d’un facteur 1,2.

De quoi meurent ces parents ? Pour les auteurs, il faudrait conduire des études à grande échelle pour identifier les causes de décès et pour savoir s’il existe des facteurs de risque identifiables. Par exemple, les parents endeuillés pourraient avoir davantage tendance à se suicider. Le stress du deuil pourrait aussi avoir des effets physiologiques, par exemple induire une immunosuppression. Les parents pourraient aussi avoir tendance à boire trop d’alcool ; cela a été signalé par les parents d’enfants mort-nés ou d’enfants morts en bas âge. Cela pourrait conduire une surmortalité liée à un accident ou à une maladie liée à l’alcool. « Il est impératif que la cause des décès soit davantage étudiée pour lister les facteurs qui conduisent à une surmortalité chez les parents endeuillés. »

D’un autre côté, il se pourrait que les décès en bas âge et les mort-nés soient plus prévalents chez les personnes qui, elles-mêmes, sont sérieusement en mauvaise santé, ce qui contribuerait à une faible espérance de vie. Des travaux complémentaires sont nécessaires pour évaluer ces hypothèses.

Marii Harper et coll. « BMJ Supportive and Palliative Care » (2001) doi:101136/bmjspcare-2011-000025.

 Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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